Dell Technologies vient de publier des résultats trimestriels qui ont laissé Wall Street sans voix. Pour son premier trimestre de l'exercice fiscal 2027, clos au 1er mai 2026, le géant texan affiche un chiffre d'affaires total de 43,8 milliards de dollars, en hausse de 88 % sur un an, et un bénéfice net qui a triplé à 3,44 milliards. Le moteur de cette envolée : les serveurs dédiés à l'intelligence artificielle.

Des chiffres qui donnent le vertige

Dell a encaissé 16,1 milliards de dollars de revenus provenant de ses serveurs optimisés pour l'IA au cours du seul premier trimestre. C'est 757 % de plus qu'à la même période l'an dernier. Pour mettre ce chiffre en perspective :

  • L'ensemble du groupe Infrastructure Solutions affiche 29 milliards de dollars de revenus, en hausse de 181 % sur un an.
  • Les commandes IA enregistrées sur le trimestre s'élèvent à 24,4 milliards de dollars, signe que la demande future reste très soutenue.
  • Le bénéfice par action ajusté atteint 4,86 dollars, contre 2,94 dollars attendus par les analystes.

Ces performances font de ce trimestre le meilleur de toute l'histoire cotée de Dell, une société qui n'est revenue en bourse qu'il y a moins de huit ans.

La demande pour la puissance de calcul dédiée à l'IA ne montre aucun signe de plafonnement. Dell en est aujourd'hui l'un des premiers bénéficiaires directs.

Le marché valide avec fracas

Le vendredi 29 mai 2026, l'action Dell a bondi de 32,76 %, sa meilleure séance de toute son histoire. Les investisseurs ont salué des résultats qui surpassent les prévisions sur chaque indicateur majeur. Ce type de réaction boursière est rare pour une entreprise de cette taille et de cette maturité.

La vague IA profite surtout aux fabricants d'infrastructures matérielles. Les hyperscalers comme Amazon, Microsoft ou Google continuent d'investir des dizaines de milliards dans de nouveaux datacenters, et Dell en est un fournisseur de premier rang. Nvidia reste l'autre grand gagnant côté puces graphiques, mais l'écosystème serveur qui s'y connecte s'avère tout aussi lucratif.

Une guidance relevée pour toute l'année

Gonflé par ses résultats, Dell a rehaussé sa prévision de revenus serveurs IA pour l'ensemble de l'exercice fiscal 2027 : la cible passe de 50 à 60 milliards de dollars. Si cet objectif est atteint, cela représente une part colossale du marché mondial des serveurs IA, un marché que les analystes estimaient encore à quelques milliards il y a deux ans.

Le contexte joue en faveur de Dell. ByteDance a annoncé fin mai un budget d'investissement en infrastructure IA pouvant atteindre 70 milliards de dollars pour 2026 selon Bloomberg. Les grandes entreprises mondiales accélèrent leurs commandes de puissance de calcul, en Asie, en Europe et aux États-Unis, et Dell est positionné pour en capter une part significative.

Ce que ça change

Ces résultats illustrent un mouvement de fond : l'IA n'est plus seulement une guerre entre modèles de langage, c'est aussi une course aux infrastructures qui enrichit des entreprises très concrètes. Dell, longtemps associé au PC d'entreprise classique, se réinvente comme l'un des piliers invisibles de la révolution de l'intelligence artificielle. Pour les acteurs industriels qui misent sur l'IA, ces chiffres confirment que la demande est réelle et massive. Et pour ceux qui n'ont pas encore commencé à construire, le retard qui se creuse commence à devenir difficile à rattraper.

Point d'étape, juin 2026. Les chiffres de Dell ont confirmé une tendance de fond qui s'est accélérée depuis. Le 1er juin, la France annonçait 93 milliards d'euros d'investissements en IA et data centers dans le cadre de Choose France, preuve que l'appétit pour l'infrastructure IA dépasse les seuls acteurs américains. En juin, le FERC, régulateur américain de l'énergie, reconnaissait officiellement la montée en charge de la demande électrique des data centers IA comme un défi structurel pour le réseau. Dell, qui vise 60 milliards de revenus serveurs IA sur l'exercice 2027, est au coeur de cette recomposition industrielle mondiale.