Décrire une ambiance, taper quelques paroles, et laisser une intelligence artificielle produire une chanson complète, voix comprise. C'est la promesse que Google pousse un cran plus loin. Le 29 juillet 2026, l'entreprise a déployé Lyria 3.5, la nouvelle version de son modèle de génération musicale, dans son application Flow Music. L'objectif affiché n'est pas de générer plus vite, mais de sonner plus juste.
Ce que change Lyria 3.5
Google met en avant quatre progrès concrets par rapport aux versions précédentes. Les mélodies gagnent en richesse et en complexité, avec des structures qui sonnent, selon l'entreprise, de façon plus naturelle. Les paroles collent mieux à la demande écrite de l'utilisateur et respectent davantage la structure d'une chanson. Surtout, les voix se veulent plus réalistes et plus expressives, avec une prononciation améliorée, le point faible historique de la musique générée par IA.
- Des mélodies plus riches et mieux construites.
- Des paroles de meilleure qualité, plus fidèles à la consigne donnée.
- Des voix chantées plus naturelles, avec une meilleure prononciation.
- Un contrôle plus fin sur le tempo et la durée du morceau.
Ce dernier point compte pour qui veut passer d'une esquisse à un morceau utilisable. Lyria 3 se limitait à des extraits de trente secondes lors de son lancement en février 2026, avant qu'une version Pro, en mars, ne repousse la durée jusqu'à trois minutes.
De Riffusion à Flow Music
Flow Music n'est pas né chez Google. L'outil est la descendance de Riffusion, un projet open source qui avait fait le tour du web en 2022 en transformant des images de spectrogrammes en sons. Le service est ensuite devenu ProducerAI en 2025, avant d'être racheté par Google en février 2026, puis rebaptisé Flow Music en avril. C'est aujourd'hui la vitrine grand public des modèles Lyria, accessible sur flowmusic.google.
Une course qui avance sous tension juridique
Google avance sur un terrain miné. Les deux générateurs de musique les plus populaires, Suno et Udio, sont visés par des poursuites de maisons de disques qui les accusent d'avoir entraîné leurs modèles sur des catalogues protégés sans autorisation. Améliorer la qualité d'une IA musicale ne suffit donc plus. La vraie bataille se joue sur la provenance des données d'entraînement et sur la place que les artistes accepteront de laisser à ces outils.
Pour l'auditeur, la frontière se brouille un peu plus. Une IA qui chante juste, tient ses paroles et gère la durée d'un morceau se rapproche d'un vrai outil de création, et plus seulement d'une curiosité. Reste à savoir dans quel cadre, et avec quelle rémunération pour les musiciens, ces chansons pourront circuler.