Le prix de votre prochain téléphone ou de votre prochain ordinateur portable va grimper, et la raison tient en deux lettres : IA. En construisant à toute vitesse d'immenses centres de données pour faire tourner leurs modèles, les géants de la tech engloutissent la mémoire disponible sur la planète. Résultat, il en reste moins pour les appareils grand public, et ce qui reste coûte beaucoup plus cher.
Google donne le ton avec les Pixel
Google a confirmé cette semaine que toute sa gamme de téléphones Pixel, y compris le futur Pixel 11 attendu dans les prochaines semaines, coûtera plus cher que la génération précédente. L'entreprise pointe directement une pénurie de mémoire qu'elle qualifie de sévère. Selon les estimations, le Pixel 11 et le Pixel 11 Pro devraient augmenter d'environ 100 dollars par rapport à leurs prédécesseurs.
Google n'est pas seul. Plusieurs fabricants de téléphones Android ont déjà relevé leurs tarifs de 10 à 20 % depuis le début de l'année. Le cabinet IDC prévoit même une chute de 12,9 % des ventes mondiales de smartphones en 2026, le plus fort recul en plus de dix ans, directement lié au manque de mémoire.
Pourquoi la mémoire manque
La mémoire vive, ou RAM, est le composant qui permet à un appareil de faire tourner plusieurs tâches en même temps. Son prix a explosé : le gigaoctet est passé d'environ 2,80 dollars en 2025 à 12 dollars en 2026, une multiplication par six. En cause, une demande gigantesque venue des centres de données d'intelligence artificielle, qui réclament d'énormes quantités de mémoire rapide pour entraîner et faire fonctionner les modèles.
Les fabricants de puces, eux, suivent l'argent. Ils réservent leurs lignes de production à la mémoire haut de gamme destinée à l'IA, plus rentable, au détriment de la mémoire classique des téléphones et des PC. D'après plusieurs analyses du secteur, les centres de données d'IA devraient absorber près de 70 % de la mémoire produite dans le monde en 2026, contre 20 à 30 % en 2022.
Ce que ça change pour vous
Concrètement, deux effets se dessinent. Les appareils haut de gamme vont coûter plus cher, tout simplement. Et sur le milieu de gamme, les constructeurs risquent de rogner discrètement : un nouveau modèle vendu au même prix que l'ancien, mais avec moins de mémoire à l'intérieur. De son côté, Google dit travailler à réduire les besoins en mémoire d'Android pour que ses appareils tournent correctement avec moins de RAM.
La reprise n'est pas pour demain. Les nouvelles usines de mémoire ne produiront pas en volume avant la mi-2027, et certains analystes ne voient pas de retour à la normale avant la fin de la décennie. En attendant, la facture de la course à l'IA commence à se lire sur l'étiquette de nos objets du quotidien.