OpenAI pousse ChatGPT sur le terrain de la santé. Depuis le 23 juillet 2026, aux États-Unis, l'assistant peut se brancher à Apple Santé et à certains dossiers médicaux pour répondre à partir de vos propres résultats. La fonction, baptisée Health, est réservée aux adultes et l'entreprise promet de garder ces données à l'écart de l'entraînement de ses modèles.

Ce que fait la fonction Health

Le déploiement vise les utilisateurs américains connectés, âgés de 18 ans et plus, sur le web et sur iOS. Il est inclus dans les formules Free, Go, Plus et Pro, sans supplément.

Une fois la connexion autorisée, ChatGPT récupère les données d'Apple Santé, comme le sommeil, l'activité et les séances de sport, et, là où c'est pris en charge, des dossiers issus d'hôpitaux américains, de One Medical ou de Function Health. L'assistant peut alors puiser médicaments, résultats d'analyses et rendez-vous récents dans n'importe quelle conversation.

Concrètement, la fonction sait :

  • comparer de nouveaux résultats sanguins à des analyses plus anciennes ;
  • résumer ce qui a changé depuis la dernière consultation ;
  • relier le sommeil, l'activité et les entraînements à votre forme du moment.

Un assistant, pas un médecin

OpenAI place un garde-fou clair : la fonction aide à comprendre ses informations de santé, elle ne pose pas de diagnostic. ChatGPT explique un terme, met un chiffre en perspective ou prépare les questions à poser en consultation, mais la décision médicale reste au professionnel.

La nuance compte, car un assistant conversationnel peut se tromper avec assurance. En cadrant Health comme un outil de lecture et non de prescription, OpenAI cherche à éviter que ses réponses soient prises pour un avis clinique.

La question des données personnelles

Le sujet le plus sensible reste la confidentialité. OpenAI affirme que les dossiers médicaux, les données d'Apple Santé et les conversations qui s'y rapportent ne servent ni à entraîner ses modèles ni à cibler de la publicité. Les échanges sont chiffrés, et les informations de santé bénéficient d'une protection supplémentaire. L'application demande une autorisation avant d'utiliser ces données pour personnaliser ses réponses.

Reste la confiance. Confier son carnet de santé à une entreprise privée suppose de la croire sur parole, alors que la santé est l'une des données les plus convoitées du numérique. Le débat n'est pas nouveau : en France, Doctolib a soulevé les mêmes craintes en annonçant l'entraînement d'une IA sur les données de ses utilisateurs.

Ce que ça change

Pour l'instant, Health se limite aux États-Unis et n'est pas disponible en France. Mais la direction est nette : les assistants IA s'installent peu à peu dans le suivi de santé au quotidien, entre les objets connectés et le dossier médical. L'idée d'ouvrir une conversation avec ses propres analyses sous les yeux séduira certains et inquiétera d'autres. Le bon réflexe reste le même qu'avant : ce qu'un assistant explique se vérifie toujours avec un professionnel de santé.