ChatGPT a cessé de répondre à ses utilisateurs partout dans le monde ce samedi. La panne, confirmée par OpenAI, a frappé en même temps l'application grand public, l'API utilisée par les entreprises et l'outil de programmation Codex. Le service est revenu en moins d'une heure, mais l'incident rappelle la fragilité d'un outil dont dépendent désormais des centaines de millions de personnes.

Trois services à terre en même temps

Les premiers signalements sont apparus vers 10h54 en temps universel, relayés par des milliers d'utilisateurs sur le service de suivi Downdetector, qui a enregistré près de 1 500 remontées. Les messages venaient des États-Unis, d'Europe, d'Inde, du Japon et d'Australie. Beaucoup décrivaient les mêmes symptômes : connexions impossibles, conversations qui ne se chargeaient plus, requêtes bloquées.

Sur sa page d'état, OpenAI a reconnu un incident touchant quinze composants de ChatGPT, douze de son API et quatre de Codex. Les serveurs renvoyaient une erreur 503, accompagnée d'une étiquette technique interne, "biscuit_baker_service_me_circuit_open", signe qu'un mécanisme de protection avait coupé les requêtes avant qu'elles n'atteignent l'infrastructure.

Une dépendance devenue mondiale

L'ampleur de la coupure tient à ce que représente aujourd'hui ChatGPT. OpenAI revendique environ 900 millions d'utilisateurs actifs chaque semaine, et une dizaine de millions d'usages dits agentiques, où le modèle enchaîne des tâches en autonomie. Quand la même panne emporte à la fois l'application, l'API et l'outil de code, des particuliers perdent leur assistant, et des entreprises comme des développeurs voient s'arrêter net les services qu'ils ont bâtis sur OpenAI.

OpenAI a réagi vite. La société est passée du statut "investigation" à "surveillance" en une heure environ, indiquant avoir appliqué un correctif temporaire et observer le retour à la normale. En fin de matinée, ChatGPT fonctionnait de nouveau pour la plupart des utilisateurs.

Un incident de plus dans une longue série

Le retour rapide ne dissipe pas la question de fond : la fiabilité. Selon le décompte du média The Next Web, OpenAI a enregistré environ 166 incidents depuis l'automne 2025, soit près de dix-huit par mois. Des perturbations avaient déjà été signalées les 20 et 23 juillet, et une panne comparable était survenue le 20 avril. Sur les quatre-vingt-dix derniers jours, ChatGPT affiche la moins bonne disponibilité de tous les produits de l'entreprise.

  • Concentration : une seule panne suffit à couper l'assistant, l'API et l'outil de code d'un coup.
  • Répétition : les coupures s'enchaînent à un rythme soutenu depuis près d'un an.
  • Dépendance : plus les usages professionnels s'appuient sur un service unique, plus chaque interruption coûte cher.

Pour l'utilisateur, la leçon est simple. À mesure que ChatGPT s'installe dans le travail quotidien, ses pannes cessent d'être un désagrément passager pour devenir un risque à anticiper. Les entreprises qui construisent sur l'API d'OpenAI surveillent ces statistiques de près, et la question d'une solution de repli, un modèle de secours prêt à prendre le relais, revient à chaque coupure.