Sur la scène de sa conférence Advancing AI, à San Francisco, AMD a présenté ce 23 juillet sa nouvelle génération de puces dédiées à l'intelligence artificielle. L'objectif est clair, rattraper Nvidia, qui domine encore très largement le marché du calcul IA. Plusieurs géants, dont OpenAI et Meta, ont confirmé qu'ils misaient gros sur ce nouveau matériel.
Ce qu'AMD a montré sur scène
La directrice générale d'AMD, Lisa Su, a détaillé le MI400, le nouvel accélérateur maison pensé pour entraîner et faire tourner les grands modèles d'IA. Chaque puce embarque 432 Go de mémoire HBM4 et revendique 2,9 exaflops de puissance en calcul FP4. AMD affirme un gain de dix fois en entraînement par rapport à la génération précédente, le MI300X, et annonce que le MI400 est déjà en production de volume.
Au-dessus de la puce, AMD a présenté Helios, un système à l'échelle de l'armoire, le "rack", qui réunit 72 puces MI400. La marque annonce 3 exaflops de puissance IA et 31 To de mémoire par armoire, de quoi se mesurer au NVL72 de Nvidia, la référence actuelle du secteur. AMD a aussi dévoilé EPYC Venice, son processeur serveur de cinquième génération, présenté comme le premier x86 gravé en 2 nanomètres chez le fondeur TSMC.
OpenAI, Meta et Microsoft répartissent leurs paris
Le moment fort de la conférence a été l'arrivée de Sam Altman, patron d'OpenAI, aux côtés de Lisa Su. OpenAI a confirmé un engagement de 6 gigawatts de puissance de calcul sur les puces AMD. En ajoutant Meta, le total grimpe à environ 12 gigawatts. Microsoft, Oracle, xAI et Cohere ont été cités parmi les premiers clients de Helios.
Le message est limpide, les mastodontes de l'IA ne veulent plus dépendre d'un seul fournisseur. AMD, qui a réalisé 5,8 milliards de dollars de revenus dans ses centres de données au premier trimestre 2026, se positionne en alternative crédible. Pour convaincre, l'entreprise a aussi mis en avant ROCm 7, sa couche logicielle, annoncée 3,5 fois plus rapide que la version précédente, afin de combler son retard sur l'écosystème CUDA de Nvidia.
Une stratégie ouverte et un pari sur 2027
Pour se démarquer, AMD joue la carte de l'ouverture. L'entreprise promet de partager certaines briques de Helios, notamment ses standards réseau, avec le reste de l'industrie, y compris son concurrent Intel. Une approche à l'opposé de l'écosystème verrouillé de Nvidia.
AMD a enfin donné un aperçu de sa feuille de route. Le MI500, attendu en 2027, est présenté comme mille fois plus performant que le MI300X sur les charges d'IA. Une promesse spectaculaire, encore invérifiable, mais qui donne le tempo de la course à venir.
Pour le grand public, cette bataille de puces reste lointaine, mais elle compte. Plus de concurrence sur le calcul IA, c'est potentiellement une meilleure disponibilité et une pression sur les prix, deux facteurs qui pèsent directement sur le coût des services d'intelligence artificielle que nous utilisons au quotidien. Nvidia garde une longueur d'avance confortable, mais un vrai duopole est en train de se dessiner.