Ce post LinkedIn parfaitement calibré, avec sa phrase choc en ouverture et ses lignes courtes, a de bonnes chances de ne pas avoir été écrit par un humain. Selon une étude de la société de détection Pangram Labs, repérée mi-juillet, une large part des contenus que l'on croise sur LinkedIn et X seraient aujourd'hui générés par intelligence artificielle.
LinkedIn, réseau le plus touché
D'après Pangram, 41 % des longues publications sur LinkedIn sont signalées comme entièrement générées par IA, et 30 % des posts courts. Le réseau professionnel apparaît comme le plus saturé de tous ceux analysés, loin devant les autres plateformes. Les chiffres relevés ailleurs restent élevés :
- sur X, 29 % des contenus longs seraient entièrement écrits par IA, et seuls 53 % seraient 100 % humains ;
- sur Reddit, environ 13 % des longs posts et 3 % des messages courts ;
- sur Substack, autour de 10 à 12 % selon le format.
Comment l'étude a été menée
Pangram n'a pas analysé tout le web, mais ce que les internautes voient réellement. La société s'appuie sur une extension de navigateur qui a passé au crible environ un million de publications rencontrées naturellement au fil de la navigation, sur une période de deux mois. La méthode mesure donc l'exposition réelle des utilisateurs, pas seulement le volume de contenus publiés.
Des chiffres à prendre avec prudence
Ces résultats appellent des réserves. Pangram avance un taux de faux positifs très faible pour son outil, mais les détecteurs de texte IA sont connus pour se tromper, en particulier en classant à tort comme « IA » des textes écrits par des personnes non anglophones. La société elle-même présente ses chiffres comme une limite basse : selon elle, la réalité est probablement pire. Un dernier biais mérite d'être noté, les utilisateurs de ce type d'extension étant souvent plus attentifs aux contenus automatisés que la moyenne.
Reste un constat difficile à ignorer. Sur les réseaux où l'on vient chercher de l'expertise et des avis, une part croissante du texte n'est plus rédigée par des humains. Pour le lecteur, cela ne change pas seulement la confiance accordée à un post : cela transforme la manière même de lire un fil d'actualité, où il faut désormais se demander qui, ou quoi, tient la plume.
