Les utilisateurs européens de WhatsApp peuvent de nouveau discuter avec ChatGPT depuis la messagerie. L'assistant d'OpenAI, chassé de l'application au début de l'année, y est réapparu le 13 juillet 2026. Il ne le doit pas à un accord avec Meta, mais à une décision de Bruxelles, qui a forcé la maison mère de WhatsApp à rouvrir sa porte aux IA rivales.

Ce qui change pour les utilisateurs

Le fonctionnement est simple. Il suffit d'écrire au contact vérifié 1-800-ChatGPT (+1-800-242-8478) sur WhatsApp, sans créer de compte. On peut envoyer un message texte, une photo ou un vocal, demander la génération d'une image et dialoguer dans de nombreuses langues. L'assistant s'appuie sur le modèle GPT-5.5, et sur un modèle dédié pour les images.

Ceux qui relient leur compte OpenAI gardent l'historique de leurs échanges et profitent de limites d'usage plus larges. Le service couvre tout l'Espace économique européen, soit les 27 pays de l'Union, plus l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège. L'absence de compte obligatoire compte beaucoup : elle place ChatGPT à portée de n'importe quel utilisateur de la messagerie, sans installer d'application supplémentaire.

Pourquoi ChatGPT avait disparu

Le 15 janvier 2026, Meta avait retiré ChatGPT de WhatsApp après un changement de ses règles commerciales. La décision ne visait pas seulement OpenAI :

  • Microsoft Copilot avait lui aussi été écarté.
  • Perplexity avait connu le même sort.
  • Seul l'assistant maison, Meta AI, restait accessible dans l'application.

Résultat, sur la messagerie la plus utilisée au monde, un seul assistant restait en lice, celui de son propriétaire.

Bruxelles a forcé la main de Meta

C'est là qu'intervient la Commission européenne. En juin 2026, elle a pris des mesures conservatoires obligeant Meta à laisser revenir les assistants concurrents, sans frais. L'idée est d'empêcher qu'une entreprise se serve de sa plateforme dominante, WhatsApp, pour verrouiller le marché naissant des assistants IA à son seul avantage.

Le raisonnement rejoint la ligne que Bruxelles défend depuis plusieurs années face aux grandes plateformes : une messagerie utilisée par des centaines de millions d'Européens ne doit pas devenir une porte réservée à l'assistant de son propriétaire. En rouvrant l'accès, la Commission remet plusieurs acteurs en concurrence là où les utilisateurs passent déjà une partie de leurs journées. OpenAI, dans la foulée, étend aussi ChatGPT à d'autres messageries, comme Kakao en Corée du Sud et Viber.

Ce que ça dit de la bataille européenne

L'affaire dépasse le confort de quelques utilisateurs. Elle montre comment l'Europe entend peser sur la distribution de l'IA, là où se joue une partie de la concurrence : le canal par lequel des milliards de personnes parlent à un assistant. Pour le public européen, le choix redevient réel. Reste à voir si Meta contestera la décision une fois passée la phase des mesures d'urgence.