Ouvrir ChatGPT pour trouver des idées donne un vrai coup de pouce. Mais cet élan retombe vite si l'on se contente de piocher dans ce que la machine propose. C'est le constat d'une étude de la Rice University, publiée en juillet 2026 dans la revue scientifique Information Systems Research. Sa conclusion tient en une phrase : ce n'est pas d'utiliser une IA qui rend créatif dans la durée, c'est la façon de travailler avec elle.
Un réflexe déjà installé
Ouvrir un assistant conversationnel pour chercher des idées est devenu un geste courant, en écriture, en marketing ou en recherche. L'hypothèse qui va avec ce réflexe est simple : plus on s'appuie sur l'IA, plus on devient créatif. C'est cette hypothèse que la Rice University a voulu mettre à l'épreuve.
Le coup de pouce de l'IA ne dure pas
Les chercheurs ont mené trois expériences. Dans la première, des participants enchaînent dix manches de résolution de problèmes, par exemple autour du changement climatique. Certains travaillent seuls, d'autres avec un assistant conversationnel personnalisé. Au départ, le groupe assisté par l'IA prend l'avantage et produit des idées jugées plus originales.
Puis l'écart se referme. Dès la septième manche, le groupe qui travaillait sans IA rattrape celui qui en était équipé. Autrement dit, l'aide de la machine ressemble à un accélérateur de courte durée : elle lance la réflexion, mais ne suffit pas à entretenir la créativité si l'on s'appuie dessus de façon passive.
La bonne méthode : co-développer, pas déléguer
Le facteur décisif, c'est la manière d'interagir. Les participants qui traitent l'IA comme un simple distributeur d'idées finissent par tourner en rond. Ceux à qui l'on a appris à co-développer, c'est-à-dire à rebondir sur les propositions de la machine, à les remettre en cause et à les enrichir tour à tour, voient au contraire leur créativité progresser nettement.
L'étude a été dirigée par Jing Zhou, professeure de management à la Rice Business. Son message est clair : l'IA n'est pas une réponse toute faite, mais un partenaire de dialogue, à condition de rester actif dans l'échange.
Ce que ça change pour qui les utilise
Pour qui utilise ces outils au quotidien, en écriture, en marketing ou en recherche, la leçon est concrète. Ne pas demander à l'IA de penser à sa place, mais s'en servir comme d'un mur de rebond : proposer une piste, la laisser répondre, critiquer sa réponse, relancer. C'est ce va-et-vient, plus que l'outil lui-même, qui fait la différence entre une bonne idée ponctuelle et une créativité qui tient sur la longueur.
Reste une question ouverte : la plupart des utilisateurs continueront-ils à traiter l'IA comme un simple distributeur d'idées, ou apprendront-ils, comme les participants formés par les chercheurs, à co-développer avec elle ?
