Meta continue de dépenser des sommes colossales pour tenir le rythme dans l'intelligence artificielle. La maison mère de Facebook et Instagram a lancé début juillet 2026 la construction de son premier centre de données au Canada, à Sturgeon County, au nord-est d'Edmonton, dans la province de l'Alberta. Un investissement de plus de 13 milliards de dollars canadiens, présenté aux côtés de la Première ministre provinciale Danielle Smith.
Un géant de plus dans la course au calcul
Le site affichera une capacité d'un gigawatt, de quoi alimenter l'équivalent d'environ 750 000 foyers. Ce sera le 33e centre de données de Meta dans le monde, et le premier hors des États-Unis à cette échelle sur le sol canadien. Le groupe évoque jusqu'à 3 000 personnes sur le chantier au plus fort des travaux, plus de 300 emplois permanents une fois l'installation en service, et 60 millions de dollars canadiens investis dans les infrastructures locales (routes, réseaux d'eau).
Cette annonce s'inscrit dans une stratégie plus large. Meta a fait savoir qu'il comptait doubler sa puissance de calcul d'ici 2027, en signant des accords d'approvisionnement de long terme. Le marché a salué le mouvement : l'action a bondi de plus de 7 % dans la foulée.

Un pari énergétique qui interroge
Le choix de l'Alberta n'est pas neutre. La province dispose d'une énergie abondante et bon marché, mais très liée aux hydrocarbures. Selon plusieurs médias, le centre sera alimenté en grande partie par une centrale au gaz naturel de plus de 900 mégawatts, en cours de développement. Meta assure de son côté compenser par des achats d'énergie renouvelable et met en avant un système de refroidissement en circuit fermé, sans eau de refroidissement en fonctionnement.
Le sujet est sensible, car ces installations géantes consomment énormément d'électricité. La multiplication des centres de données dédiés à l'IA relance partout le débat sur leur facture énergétique et leur empreinte carbone.
Pourquoi construire autant, si vite
La logique de Meta est celle de toute la Silicon Valley : ces bâtiments prennent des années à sortir de terre, alors que la demande de calcul pour l'IA grimpe par à-coups. Autrement dit, le groupe ne construit pas pour les besoins d'aujourd'hui, mais pour ceux qu'il anticipe en 2028 et au-delà. Fait notable, Meta prépare aussi sa propre puce d'inférence, baptisée Iris, pour réduire sa dépendance aux processeurs de Nvidia.
Ce que ça change
Pour le grand public, ces annonces peuvent sembler abstraites. Elles disent pourtant une chose concrète : les assistants, les générateurs d'images et les outils d'IA que nous utilisons reposent sur des infrastructures physiques de plus en plus lourdes, installées loin de nos écrans. La bataille de l'IA se joue désormais autant dans ces hangars remplis de serveurs que dans les laboratoires.
