La robotique domestique n'est plus un mirage de salon high-tech. Le 8 juillet 2026, la jeune pousse chinoise Zeroth a annoncé une levée de 74 millions de dollars, menée par Ant Group, la branche financière du groupe Alibaba. Autour de la table, on retrouve aussi Geely Capital (lié au constructeur automobile Geely), le studio 37 Interactive Entertainment, Hua Capital et l'investisseur historique Monolith. Ce nouveau tour porte le total levé par l'entreprise à environ 147 millions de dollars.

Derrière l'annonce financière, c'est surtout la traction commerciale qui interpelle. Zeroth affirme avoir dépassé les 30 000 commandes de robots et affiche une croissance de son chiffre d'affaires de 600% sur le premier semestre 2026. Des chiffres à prendre avec prudence, communiqués par l'entreprise elle-même, mais qui traduisent un appétit réel pour des machines pensées pour la maison plutôt que pour l'usine.

Une gamme pensée pour le foyer

Zeroth ne mise pas sur un seul appareil mais sur une famille de robots. Le modèle le plus visible est Jupiter, un humanoïde de grande taille présenté comme un compagnon de maison. À ses côtés, la société décline le N1 (un robot collaboratif doté d'un bras articulé), le M1 (un petit humanoïde) et le W1 (un robot à chenilles). Les usages mis en avant sont domestiques et familiaux : éveil et éducation des jeunes enfants, maison connectée, et même compagnie façon animal de compagnie.

Le fonds servira à consolider six briques technologiques maison, du modèle cognitif inspiré du vivant aux actionneurs et aux bras robotisés conçus en interne, en passant par les modèles capables de relier vision, langage et action. L'entreprise veut aussi recruter et pousser son développement à l'international. Son ambition assumée, résumée dans un communiqué : faire des robots non pas de simples outils, mais des "miroirs intelligents" qui accompagnent le quotidien.

La Chine accélère sur les robots domestiques

Zeroth n'avance pas seule. La robotique humanoïde est devenue un terrain de course en Chine, portée par des capitaux abondants et un tissu industriel capable de produire vite et à bas coût. Les levées s'enchaînent, les précommandes s'accumulent et plusieurs acteurs promettent des robots capables de rendre des services concrets à la maison. Le pari reste risqué : passer d'une démonstration filmée à un appareil fiable, utile et abordable dans un vrai salon est une autre affaire.

Le robot humanoïde Jupiter de Zeroth
Image : The AI Insider

Ce que ça veut dire. Pour l'instant, ces robots restent surtout un produit chinois, soutenu par des géants comme Ant Group et Geely. Mais le nombre de commandes annoncées montre qu'un marché grand public se dessine, avec l'éducation des enfants et la compagnie comme premières portes d'entrée. Reste la question qui décidera de tout : ces machines tiendront-elles leurs promesses une fois installées chez les gens, ou resteront-elles des gadgets coûteux ?