Les robotaxis de Google se rapprochent discrètement de l'Hexagone. Waymo, la filiale d'Alphabet spécialisée dans la voiture autonome, a créé une société baptisée Waymo France. Un signal clair sur ses ambitions européennes, même si aucun taxi sans chauffeur ne circulera dans nos rues avant un bon moment.
Une société française née fin juin
Selon les documents repérés par la presse spécialisée, Waymo France a été constituée le 23 juin 2026, sous la forme d'une société à responsabilité limitée (SARL). Elle est dotée d'un capital social de 10 000 euros et domiciliée dans le 8e arrondissement de Paris, à une adresse partagée qui héberge d'autres entreprises de la tech, dont OpenAI. L'immatriculation au registre national des entreprises de l'Inpi a suivi six jours plus tard.
L'objet social ne laisse guère de doute sur les intentions du groupe : « fournir des services de transport à la demande à l'aide de véhicules autonomes », et soutenir la commercialisation de ces services par des tiers. Autrement dit, la brique juridique nécessaire pour, un jour, faire rouler des robotaxis en France est désormais posée.
Le numéro un mondial du robotaxi
Waymo n'est pas un acteur parmi d'autres. La société sœur de Google revendique plus de 500 000 trajets payants chaque semaine aux États-Unis, où ses véhicules circulent sans conducteur à Los Angeles, Phoenix et San Francisco. Sa flotte s'appuie sur des Jaguar I-PACE bardées de capteurs et sur un modèle maison surnommé « Ojai », la sixième génération de son système de conduite, le Waymo Driver.
Ce système combine caméras, radars et lidars pour percevoir la route à 360 degrés et prendre seul les décisions de conduite. C'est cette technologie, longuement rodée aux États-Unis, que Waymo cherche désormais à exporter hors de son marché domestique.
L'Europe dans le viseur, la France pas pour demain
La création de Waymo France s'inscrit dans une poussée européenne plus large. L'entreprise prévoit de lancer un service à Londres dès cette année et a enregistré des entités dans d'autres pays, dont l'Espagne. Mais il faut tempérer l'enthousiasme : ouvrir une société ne signifie pas lancer un service.
En France, le principal frein reste réglementaire. Faire circuler des voitures totalement autonomes sur la voie publique suppose un cadre légal qui n'est pas encore prêt. La filiale sert surtout à préparer le terrain : démarches administratives, échanges avec les autorités, éventuels tests à venir. Un lancement grand public à Paris n'est donc pas à l'ordre du jour.
Ce mouvement en dit long sur la bataille qui s'annonce. Waymo avance ses pions en Europe pendant que Tesla déploie ses propres robotaxis aux États-Unis et que le chinois Baidu pousse son service Apollo Go à l'international. Pour la France, voir le leader du secteur planter son drapeau au moment où Paris accueille le gratin mondial de l'IA confirme une chose : la voiture autonome n'est plus une promesse lointaine, mais un dossier concret que les régulateurs vont devoir trancher.
