Meta a lancé ce mardi 7 juillet Muse Image, son premier générateur d'images maison, directement intégré à l'assistant Meta AI, à Instagram et à WhatsApp. L'outil sait créer et retoucher des visuels à partir d'une simple description. Mais une fonction, capable de générer des images de personnes à partir de leurs photos publiques Instagram, provoque déjà la controverse.

Le premier modèle d'images signé Meta

Muse Image est le premier modèle de génération d'images conçu en interne par Meta Superintelligence Labs, le laboratoire que le groupe a reconstruit à grands frais sous la direction d'Alexandr Wang, son directeur de l'IA. C'est un signal fort après une année de recrutements et d'investissements massifs pour rattraper OpenAI, Google et Adobe sur le terrain de l'image.

Le modèle ne se contente pas de transformer un texte en image. Meta le décrit comme agentique. Il fait appel à des outils de recherche et de code pour améliorer sa précision, puis corrige lui-même ses propres générations avant de livrer le résultat. Sur le classement public LMArena, Muse Image se hisse à la deuxième place pour la génération et la retouche d'images, selon les données relevées le 5 juillet.

Disponible dans Meta AI, Instagram et WhatsApp

Muse Image est accessible dès maintenant dans l'application Meta AI et sur meta.ai, dans les stories Instagram aux États-Unis et sur WhatsApp dans un nombre limité de pays. Un déploiement sur Facebook est annoncé pour bientôt. L'outil est gratuit pour un usage courant, avec un abonnement au-delà d'un certain volume d'images.

Dans le détail, la plateforme propose plus de 30 nouveaux effets IA pour les stories Instagram, la retouche par instruction (effacer un intrus sur une photo, changer un décor, restyliser une pièce), la création de visuels publicitaires pour les entreprises et un aperçu de Muse Video, un générateur de vidéos encore en développement. Meta prépare aussi une fusion progressive de ces outils dans ses différentes applications.

La fonction qui fait déjà polémique

Le point qui crispe est ailleurs. Muse permet de taguer un utilisateur Instagram au profil public pour intégrer son visage, à partir de ses publications, dans une image générée. Sur X, un internaute a résumé l'inquiétude en évoquant une "mine antipersonnel pour la vie privée". Meta assure que chacun peut désactiver cette option, mais le principe reste celui d'un retrait volontaire. La fonction est active par défaut.

Le contexte n'aide pas. Le groupe traîne un lourd passif sur les données personnelles, dont une amende record de 5 milliards de dollars infligée par la FTC américaine en 2019. Reprendre le visage d'une personne sans son accord explicite, même à partir de contenus publics, ravive ces craintes.

Pour l'utilisateur, Muse rend la création d'images plus simple et plus rapide, au cœur d'applications déjà installées sur des milliards de téléphones. Mais la même facilité ouvre la porte aux détournements, du canular à l'usurpation. La vraie question des prochaines semaines ne portera pas sur la qualité des images produites, mais sur le contrôle laissé à chacun sur sa propre image.