Apple reconnaît avoir utilisé des millions de vidéos YouTube pour entraîner ses modèles d'intelligence artificielle, et demande à la justice californienne de rejeter la plainte des créateurs qui l'accusent de pillage. L'entreprise assume, et plaide son bon droit.

Ce qu'Apple reconnaît

Trois chaînes YouTube, h3h3Productions, MrShortGame Golf et Golfholics, ont lancé une action collective contre Apple en avril 2026. Elles reprochent au fabricant de l'iPhone d'avoir aspiré leurs vidéos, sans autorisation ni rémunération, pour nourrir les modèles d'IA maison, ceux qui doivent équiper iOS 27. Apple ne nie pas avoir utilisé ces contenus. L'entreprise a déposé une requête en rejet et défend une ligne simple : ces vidéos étaient publiques.

Sa défense : l'accès public contre l'usage

Le cœur de l'argument tient en une formule qu'Apple oppose aux plaignants : "Pas de mot de passe. Pas de paiement. Pas de verrou. Pas de clé." Pour l'entreprise, une vidéo accessible à tous sur YouTube ne bénéficie pas des protections du DMCA, la loi américaine sur le droit d'auteur numérique invoquée par les créateurs. Apple distingue l'accès, ouvert, de l'usage, encadré par les conditions de YouTube. Le jugement sur cette requête est attendu au 6 août 2026 en Californie.

Une vidéo publique reste-t-elle libre d'être avalée par une IA ? C'est toute la bataille.

Un enjeu qui dépasse Apple

Les vidéos YouTube sont une mine pour l'entraînement des IA : de la parole, des images, des situations réelles en quantité. Apple n'est pas seule à y avoir puisé, mais c'est l'une des premières fois qu'un géant l'écrit noir sur blanc devant un tribunal et l'assume. Si Apple l'emporte, elle affaiblit l'un des rares leviers juridiques dont disposent les créateurs pour contester l'usage de leurs contenus.

Ce que ça change pour les créateurs

Pour ceux qui publient en ligne, l'affaire est un test grandeur nature. Elle pose une question qui te concerne aussi : mettre une vidéo en accès libre, est-ce accepter qu'elle serve à entraîner des modèles commerciaux ? La réponse de la justice californienne, attendue en août, pèsera lourd sur la suite. Elle dira si "public" veut dire "utilisable par tous", machines comprises.