Une intelligence artificielle qui ne conserve rien de ce que vous lui confiez. C'est la promesse de Venice, une plateforme américaine qui vient de lever 65 millions de dollars et d'atteindre le statut de licorne. Son pari : donner accès aux meilleurs modèles du marché sans jamais enregistrer les conversations de ses utilisateurs.
Une licorne bâtie sur la vie privée
Le 1er juillet 2026, Venice a annoncé un tour de table de 65 millions de dollars, sa première levée de fonds auprès d'investisseurs extérieurs. L'opération, menée par le fonds Dragonfly avec le soutien de Coinbase Ventures, F-Prime et North Island Ventures, valorise l'entreprise à 1 milliard de dollars. Ce seuil fait officiellement de Venice une licorne, deux ans à peine après son lancement.
Derrière le projet, deux figures connues de la tech américaine : Erik Voorhees, vétéran du secteur des cryptomonnaies, et Jesse Proudman, entrepreneur installé à Seattle. Leur ligne tient en une idée simple : proposer une IA aussi capable que ChatGPT ou Claude, mais qui ne surveille pas ceux qui l'utilisent.
Ce que Venice fait différemment
Concrètement, Venice donne accès à plus de 200 modèles d'IA, capables de générer du texte, des images, de la vidéo et de l'audio. On y retrouve aussi bien des modèles open source que des systèmes propriétaires signés OpenAI ou Anthropic, réunis dans une même interface. La plateforme se présente aussi comme une IA sans restriction, avec moins de filtres que les grands assistants du marché.
La vraie différence se joue sur les données. Venice affirme ne jamais journaliser les requêtes de ses utilisateurs. Les conversations sont stockées sur l'appareil de la personne, pas sur les serveurs de l'entreprise. Autrement dit, Venice dit ne pas pouvoir lire, revendre ou exploiter ce que vous tapez, puisqu'elle ne le conserve pas.
Il est assez dangereux, du point de vue de la sécurité, que le monde entre dans cette nouvelle phase avec tout le monde constamment surveillé.
Le modèle séduit. La plateforme revendique 3,5 millions d'utilisateurs inscrits et traite environ 1 300 milliards de tokens chaque mois. Son revenu annualisé dépasse désormais 70 millions de dollars, un niveau rare pour une entreprise aussi jeune.
Construire ses propres serveurs
Les 65 millions serviront surtout à bâtir l'infrastructure de calcul de Venice, à commencer par son premier centre de données. L'objectif est de réduire sa dépendance aux GPU loués auprès de tiers, de sécuriser sa capacité alors que la demande explose et d'améliorer ses marges. C'est aussi une façon de garder le contrôle de bout en bout sur des données que l'entreprise promet de ne pas exposer.
Ce que ça change
Venice met le doigt sur une tension de fond du secteur. Plus l'IA s'installe dans le quotidien, plus la question de ce qu'elle retient de nous devient centrale. Face à des assistants qui mémorisent tout pour, disent-ils, mieux vous connaître, une offre qui promet l'inverse trouve son public. Reste à vérifier, dans la durée, que la promesse tient et que le modèle économique suit sans rogner sur la confidentialité.
