OpenAI reste le nom le plus connu de l'intelligence artificielle, mais son avance fond. Alors qu'Anthropic passe désormais devant sur les revenus et que ChatGPT recule dans les usages, son cofondateur Sam Altman a publié une tribune pour réclamer un cadre mondial capable d'encadrer la course à l'IA. Le tout a été mis en lumière par Fortune le 2 juillet 2026.
Anthropic et Google grignotent l'avance d'OpenAI
Les chiffres racontent un basculement. Dans sa dernière communication, OpenAI dit viser entre 25 et 33 milliards de dollars de revenus annualisés. Anthropic, de son côté, a annoncé en mai être en route vers 47 milliards de dollars et vise la rentabilité dès 2029, soit un an avant OpenAI.
La bascule ne se joue pas que sur le papier. En mai 2026, Anthropic est passé devant OpenAI sur les abonnements d'entreprise, selon les données de la plateforme de gestion financière Ramp. Au même moment, les visites mensuelles de ChatGPT sont tombées, pour la première fois, sous la moitié du marché de l'IA générative d'après Similarweb. Traduction concrète : les utilisateurs passent de plus en plus facilement d'un assistant à l'autre.
Google n'est pas en reste. Le groupe pousse ses modèles Gemini, attire des chercheurs et se rapproche des labos de tête. Résultat, OpenAI se retrouve pris en tenaille entre un rival qui monte vite et un géant qui a les moyens de durer.
Sam Altman veut un gendarme mondial de l'IA
C'est dans ce contexte que Sam Altman a signé une tribune dans le Financial Times. Il y propose la création d'un forum international, piloté par les États-Unis, chargé de fixer des standards communs et de fournir des analyses d'experts sur les modèles les plus avancés.
Le patron d'OpenAI cite deux modèles connus : l'aviation civile et l'énergie atomique, deux secteurs encadrés depuis des décennies par des agences internationales. L'objectif affiché est de mettre des garde-fous face aux pressions commerciales qui, selon lui, peuvent pousser les entreprises à aller trop vite au détriment de la sécurité.
Un acteur qui perd du terrain sur le marché a tout intérêt à ce que la course soit arbitrée par des règles communes.
Ce que ça change
Pour le grand public, cette rivalité est plutôt une bonne nouvelle : plus de concurrence, c'est plus de choix, une pression sur les prix et des modèles qui progressent vite. Pour les professionnels, le signal est clair, il n'existe plus un seul assistant qui domine tout, et comparer devient un réflexe utile.
Reste la question de fond soulevée par Altman : qui fixe les règles ? Un cadre mondial de l'IA ferait débat, notamment sur le rôle central que joueraient les États-Unis. En attendant, la course continue, et la place de numéro un n'a jamais semblé aussi disputée.
