Faut-il ouvrir l'intelligence artificielle aux collégiens dès la 6e ? C'est l'une des 26 recommandations d'un rapport d'information présenté le 1er juillet 2026 à l'Assemblée nationale par la députée Céline Calvez. Un texte qui trace une ligne: apprivoiser l'IA à l'école, tout en protégeant des moments d'apprentissage sans elle.

Un usage encadré, plus tôt qu'aujourd'hui

Le rapport, porté par la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation, propose d'autoriser l'usage pédagogique encadré de l'IA générative dès la classe de 6e, et n'exclut pas des manipulations d'outils dès l'école élémentaire. Aujourd'hui, ces usages sont réservés à des classes plus avancées. La logique défendue: mieux vaut apprendre tôt à se servir de ces outils, et à en repérer les limites, que de les découvrir sans cadre.

En contrepartie, Céline Calvez réclame des temps d'enseignement sans IA, sanctuarisés pour préserver l'effort cognitif et les apprentissages fondamentaux. La comparaison revient dans le texte: on apprend d'abord à calculer sans calculatrice.

IAgraphie, oral et évaluations hybrides

Pour éviter que l'IA ne fasse le travail à la place des élèves, le rapport avance plusieurs pistes. Il propose une IAgraphie, c'est-à-dire noter les usages de l'IA au sein d'un devoir, comme on cite ses sources dans une bibliographie. Il suggère aussi de renforcer l'oral et de généraliser des évaluations hybrides, avec des entretiens pour vérifier la solidité d'un travail de recherche. La formation des enseignants deviendrait obligatoire et régulière, avec une certification périodique des compétences.

Autre idée, un cartable souverain: des outils certifiés, développés via la commande publique, pour réduire la dépendance de l'école aux modèles étrangers.

Une contribution demandée aux fournisseurs d'IA

Le rapport ne s'arrête pas à la salle de classe. Il recommande d'étudier une contribution obligatoire, non fiscale, à la charge de tous les fournisseurs d'IA, généralistes comme spécialistes, assise sur le chiffre d'affaires réalisé en France et supervisée par l'Arcom. Cette contribution, pensée pour soutenir la création, pourrait être réduite si les acteurs signent des accords de licence avec les créateurs dont les œuvres nourrissent leurs modèles.

Ce que ça change

Attention au statut du texte: il s'agit d'un rapport parlementaire, donc de recommandations, pas d'une loi. Rien n'oblige le gouvernement à les suivre. Mais le document pose des questions très concrètes pour les familles et les enseignants: à quel âge, avec quelles règles, et qui paie. Il pourrait nourrir les prochains arbitrages du ministère de l'Éducation sur la place de l'IA à l'école.