Anthropic a présenté le 30 juin 2026 Claude Science, un espace de travail conçu pour les chercheurs, ouvert en bêta le 1er juillet à tous ses abonnés payants. L'idée tient en une phrase: réunir dans une seule application les outils éparpillés d'un laboratoire, de la lecture d'articles à l'analyse de données, en gardant une trace vérifiable de chaque étape.
Un atelier unique pour tout le cycle de recherche
Claude Science se présente comme un poste de travail où un assistant principal joue le rôle de chef de projet. Il s'appuie sur plus de 60 compétences et connecteurs préconfigurés, taillés pour la génomique, l'analyse de cellules uniques (single-cell), la protéomique, la biologie structurale et la chémoinformatique. L'application se relie à des dizaines de bases de données scientifiques et affiche directement des objets complexes: structures de protéines en 3D, pistes de génome, structures chimiques.
Anthropic insiste sur la traçabilité. Un agent réviseur contrôle les citations et les calculs, et chaque résultat s'accompagne de l'historique complet du code, pour des travaux reproductibles. Côté puissance, l'outil répartit les calculs entre l'ordinateur du chercheur, des clusters de calcul haute performance (HPC) et des GPU mobilisés à la demande.
Un programme de bourses ciblé sur la biologie
Pour amorcer les usages, Anthropic lance un programme baptisé AI for Science. L'entreprise financera jusqu'à 50 projets de recherche, avec jusqu'à 30 000 dollars de crédits d'utilisation chacun. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 15 juillet 2026, les lauréats seront prévenus le 31 juillet, et les projets se dérouleront du 1er septembre au 1er décembre 2026. La priorité initiale va à la biologie et à la recherche biomédicale.
Disponible en bêta sur macOS et Linux, Claude Science s'adresse aux formules Pro, Max, Team et Enterprise. Le positionnement est clair: Anthropic vise les laboratoires et l'industrie pharmaceutique, un terrain où la découverte de médicaments mobilise des masses de données et de longues étapes de vérification.
Ce que ça change
Pour un chercheur, l'intérêt n'est pas d'obtenir une réponse toute faite, mais de garder la main sur une méthode traçable. En rassemblant lecture, code, calcul et vérification au même endroit, Anthropic tente de transformer un assistant conversationnel en véritable outil de paillasse numérique. Reste une question de fond: la fiabilité. Un agent qui contrôle ses propres citations et calculs devra convaincre une communauté scientifique habituée à tout recouper. La bêta, et les premiers projets financés cet automne, diront si l'outil tient la promesse.
