Schneider Electric a annoncé le 1er juillet 2026 le rachat de Cognite, un spécialiste norvégien de l'intelligence artificielle appliquée à l'industrie, pour 3,1 milliards de dollars en numéraire. L'opération illustre une tendance de fond : l'IA ne se joue plus seulement dans les chatbots grand public, mais aussi au coeur des usines, des réseaux électriques et des sites industriels.

Une acquisition à 3,1 milliards de dollars

Le groupe français va acquérir 100 % de Cognite, une société fondée en 2017 qui emploie plus de 800 personnes dans le monde. En 2025, son chiffre d'affaires a dépassé 170 millions de dollars, avec une croissance de 36 % de ses réservations récurrentes. Cognite sera intégrée à Aveva, la filiale de logiciels industriels détenue par Schneider Electric.

La plateforme de Cognite fait ce que l'on appelle de l'IA industrielle : elle rassemble les données dispersées d'un site (capteurs, machines, historiques de maintenance) dans un modèle unifié, puis applique des outils d'IA, y compris des agents autonomes, pour optimiser les opérations, la gestion des équipements et l'ingénierie.

Pourquoi Schneider mise sur l'IA industrielle

Pour Schneider Electric, l'enjeu est de se placer au centre de ce qu'il présente comme la prochaine étape de l'industrie. "Cognite a construit quelque chose de rare, une plateforme d'IA réellement de qualité industrielle", a déclaré Olivier Blum, le directeur général du groupe.

Le raisonnement du groupe tient en une phrase : la transition énergétique exige de l'intelligence, cette intelligence exige des données, et exploiter pleinement ces données passe par l'IA. Concrètement, l'objectif est de couvrir toute la vie d'un actif industriel, de sa conception à son exploitation puis à son amélioration continue.

  • Cible : Cognite, plateforme d'IA industrielle fondée en 2017, plus de 800 salariés.
  • Montant : 3,1 milliards de dollars, paiement en numéraire.
  • Intégration : la société rejoint Aveva, filiale logicielle de Schneider Electric.

Ce que ça dit du marché

Cette opération confirme que les grands groupes industriels ne veulent plus seulement acheter des licences de logiciels d'IA : ils rachètent les entreprises qui les fabriquent, pour internaliser la technologie et la marier à leurs propres équipements. La bataille de l'IA se déplace ainsi vers des secteurs très concrets, l'énergie, l'usine, la maintenance, loin des seuls assistants conversationnels.

Pour les professionnels de l'industrie, cela annonce des outils d'optimisation de plus en plus intégrés aux automates et aux logiciels qu'ils utilisent déjà. La transaction reste soumise aux autorisations réglementaires habituelles et devrait se conclure dans les prochains trimestres.