Le Conseil de l'Union européenne a donné le 29 juin 2026 son feu vert final à une révision de l'AI Act, le règlement européen sur l'intelligence artificielle. Ce paquet, surnommé « AI Omnibus », repousse plusieurs obligations pour laisser du temps aux entreprises, tout en ajoutant une interdiction claire : celle des applications dites de « nudification ».

Ce que change le paquet Omnibus

Le texte, déjà approuvé par le Parlement européen le 16 juin (par 423 voix pour, 57 contre et 174 abstentions), simplifie plusieurs règles jugées trop lourdes. Il étend aux entreprises de taille moyenne des allègements réservés jusqu'ici aux PME, simplifie la documentation exigée, assouplit la surveillance après mise sur le marché et clarifie la définition d'un « composant de sécurité ».

Surtout, il décale les échéances les plus attendues. Les obligations qui pèsent sur les systèmes d'IA à haut risque (biométrie, infrastructures critiques, éducation, emploi, police, contrôle des frontières) sont repoussées du 2 août 2026 au 2 décembre 2027. Pour les IA intégrées à des produits comme les ascenseurs ou les jouets, la date passe au 2 août 2028.

Un coup d'arrêt aux applis de « nudification »

C'est la mesure la plus concrète pour le grand public. Le règlement interdit désormais les systèmes d'IA capables de générer, sans consentement, des images, vidéos ou sons à caractère sexuel montrant une personne réelle et identifiable, ainsi que les contenus pédocriminels générés par IA. Les entreprises devront s'y conformer d'ici au 2 décembre 2026.

Cette interdiction fait directement suite au scandale des applis de « nudification », qui transforment une photo ordinaire en image dénudée. La même échéance du 2 décembre 2026 s'applique aussi aux obligations de marquage des contenus générés par IA, le « filigrane ».

Simplifier sans détricoter ?

Le règlement entrera en vigueur trois jours après sa publication au Journal officiel de l'Union européenne, attendue dans les prochains jours. Pour Bruxelles, l'objectif est double : réduire la paperasse pour ne pas freiner l'innovation européenne, sans donner l'impression de reculer sur la protection des citoyens.

Pour les entreprises françaises et européennes qui développent ou utilisent de l'IA, ce report offre une bouffée d'air : plus d'un an de délai supplémentaire pour se mettre en conformité sur les usages sensibles. Pour les citoyens, l'interdiction des applis de nudification est un signal clair, même si tout se jouera sur la capacité réelle des autorités à la faire appliquer.