Le train de demain se prépare en laboratoire. La SNCF et le CEA, l'un des plus gros organismes de recherche français, ont annoncé le 29 juin un accord-cadre de coopération technologique de cinq ans, reconductible. Signé lors du salon VivaTech, il vise à mettre la recherche de pointe au service du rail, à commencer par l'intelligence artificielle.
Une IA dite "de confiance" pour la sécurité
Au coeur du projet, une IA de confiance, pensée pour des usages où la moindre erreur n'est pas permise. Elle doit aider à détecter les obstacles sur les voies, superviser la circulation des trains et anticiper les pannes grâce à la maintenance prédictive. L'enjeu est de taille : le ferroviaire tolère au maximum une erreur par milliard d'heures de fonctionnement, un niveau d'exigence que peu de systèmes d'IA atteignent aujourd'hui.
Quinze thèmes, du quantique à la cybersécurité
L'accord ne s'arrête pas à l'IA. Les deux partenaires vont travailler sur une quinzaine de sujets, parmi lesquels la géolocalisation ultra-précise des trains, la robotique dans les ateliers, le calcul quantique et haute performance, ou encore la cybersécurité des systèmes ferroviaires. La signature a été portée par Carole Desnost, directrice Technologies de la SNCF, et Julie Galland, directrice de la Recherche technologique du CEA.
En conjuguant nos expertises, nous contribuerons au développement des mobilités répondant aux besoins de l'ensemble des territoires.
Ce que ça veut dire
Pour les voyageurs, ces travaux ne se verront pas tout de suite, mais ils visent un objectif très concret : moins de pannes, moins de retards et des circulations plus sûres. C'est aussi un signal pour la souveraineté technologique française, avec un groupe de 284 000 collaborateurs et 43 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 qui choisit de bâtir ses outils d'IA avec un acteur public national plutôt que de tout confier à des fournisseurs étrangers.
