On nous a vendu une intelligence artificielle qui ferait fondre les coûts. Plusieurs géants de la tech découvrent l'inverse. À compter du 30 juin 2026, Microsoft retire l'accès direct à Claude Code, l'assistant de codage d'Anthropic, à la plupart de ses salariés, et les renvoie vers son propre outil. En cause, une facture devenue incontrôlable. Le signe d'un changement d'époque pour toute l'industrie.
Microsoft débranche Claude Code le 30 juin
La division Experiences & Devices de Microsoft cesse d'utiliser Claude Code en interne à la fin du mois, après avoir vu la dépense en tokens dépasser le budget IA annuel de l'équipe. Les développeurs sont redirigés vers GitHub Copilot CLI, l'outil maison du groupe. Le calendrier n'a rien d'un hasard, il colle à la fin de l'exercice comptable et à une volonté affichée de reprendre la main sur la dépense.
Le geste est d'autant plus frappant qu'il vient d'un acteur qui a massivement investi dans l'IA. Quand l'un des plus gros budgets technologiques de la planète juge l'addition trop salée, la question du coût réel se pose pour tout le monde.
Le piège du tokenmaxxing
Le mot circule depuis des mois dans les couloirs des entreprises de la tech, le tokenmaxxing. L'idée, encouragée par les directions, consistait à pousser les équipes à consommer le plus d'IA possible, sans trop regarder le résultat. Satya Nadella, le patron de Microsoft, a lui-même reconnu que le phénomène existait beaucoup en interne et qu'il pouvait devenir addictif.
Le réveil a été brutal pour certains. Uber, qui avait déployé Claude Code auprès de ses équipes en décembre 2025, a vu son budget IA annuel partir en fumée en quatre mois. La dépense oscillait entre 500 et 2 000 dollars par salarié et par mois. L'entreprise a fini par plafonner l'accès à 1 500 dollars mensuels par personne, avec un suivi de la consommation sur des tableaux de bord internes.
Des prix en baisse, des factures en hausse
Le paradoxe est total. Le prix d'un token, l'unité de base facturée par les fournisseurs d'IA, a chuté d'environ 98 pour cent. Pourtant, la facture globale des entreprises a bondi d'environ 320 pour cent. La baisse des prix a tout simplement levé les freins, les usages ont explosé, et le volume a effacé les économies attendues.
- 37 pour cent des entreprises espéraient 10 à 20 pour cent d'économies grâce à l'IA.
- 4 pour cent seulement dépassent réellement 30 pour cent d'économies.
- 90 pour cent de celles qui ratent leurs objectifs comptent malgré tout dépenser davantage.
Ces chiffres viennent d'une étude du cabinet Bain & Company menée auprès de 951 grandes entreprises. Ils dessinent une réalité moins lisse que les promesses, l'IA générative coûte cher, et les gains de productivité restent difficiles à mesurer.
Ce que ça change
Le mot d'ordre n'est plus d'utiliser le plus d'IA possible, mais de la rendre rentable. Les entreprises passent de la consommation à outrance à la recherche d'efficacité, quitte à arbitrer entre les outils, à plafonner les budgets ou à rapatrier certains usages en interne. Pour les salariés, cela veut dire des accès plus encadrés. Pour le grand public, c'est un rappel utile, l'intelligence artificielle n'est pas un service gratuit, et même les plus gros acteurs commencent à compter.
