OpenAI publie des chiffres spectaculaires sur la manière dont ses propres équipes travaillent. Selon un rapport maison dévoilé le 26 juin 2026, 98 % de ses salariés s'appuient désormais sur Codex, son agent capable d'exécuter des tâches en autonomie. Un portrait impressionnant, mais à manier avec prudence.

Des chiffres qui donnent le vertige

Il y a un an, en août 2025, environ 40 % des employés d'OpenAI utilisaient Codex. Ils seraient aujourd'hui 98 %. Plus frappant encore : au 11 juin 2026, l'agent représenterait 99,8 % des jetons de sortie produits par les salariés, tous outils confondus entre Codex et ChatGPT. Autrement dit, presque tout ce que produit l'entreprise en interne passerait par l'agent.

La progression touche tous les métiers, bien au-delà de l'ingénierie. Depuis novembre 2025, l'usage médian par département a été multiplié par :

  • 56 dans la recherche ;
  • 32 au support client ;
  • 27 en ingénierie ;
  • 13 au service juridique.

L'agent quitte le terrain des développeurs

C'est peut-être le point le plus parlant : les profils non techniques adoptent l'outil encore plus vite que les ingénieurs. Depuis août 2025, l'usage des non-développeurs a été multiplié par 137 au niveau individuel et par 189 à l'échelle des organisations. Ils représenteraient désormais environ 20 % des cinq millions d'utilisateurs hebdomadaires de Codex, et l'adoptent trois fois plus vite que les développeurs.

Les tâches confiées s'allongent aussi : les demandes portant sur des travaux de plus de huit heures ont été presque multipliées par dix. En parallèle, OpenAI a rendu Codex Remote disponible pour tous, ce qui permet de lancer un travail depuis l'application mobile sur un Mac ou un PC connecté.

Pourquoi rester prudent

Un détail change la lecture de ces chiffres : ils proviennent tous d'OpenAI, c'est-à-dire de l'entreprise qui vend Codex et a un intérêt direct à le mettre en valeur. Aucun tiers indépendant ne les a vérifiés. Le rapport ne précise pas non plus si les salariés sont encouragés, voire incités, à utiliser l'outil, ce qui n'a rien d'anodin quand une société mesure l'adoption de son propre produit.

Autre nuance : générer du code plus vite ne se traduit pas mécaniquement par un gain de productivité équivalent. Le temps gagné à la production peut être absorbé par la vérification, les tests et le déploiement, des étapes que l'agent n'élimine pas.

Ce que ça veut dire

Qu'une entreprise utilise massivement ses propres outils n'a rien d'étonnant. Mais quand un laboratoire montre que ses juristes, ses recruteurs et ses financiers délèguent une part croissante de leur travail à un agent, il dessine surtout le bureau qu'il veut vendre au reste du monde. Le signal de fond est réel : les agents sortent du périmètre des développeurs. Reste à le mesurer ailleurs que dans les murs de celui qui les commercialise.