Meta travaille sur une application de pronostics baptisée Arena, où les utilisateurs miseraient sur l'issue d'événements réels, du sport à la politique. Révélé par le New York Times, le projet repose en grande partie sur l'IA maison du groupe, Llama, pour fonctionner à grande échelle. L'annonce a déjà fait réagir le secteur en Bourse.
Ce que prépare Meta
Selon le New York Times, repris par CNBC et la radio publique américaine le 23 juin 2026, Mark Zuckerberg a demandé à ses équipes de développer une plateforme de marchés de prédiction, connue en interne sous le nom d'Arena. L'idée : permettre à chacun de parier sur l'issue d'événements d'actualité, dans le sport, la politique, le divertissement ou les affaires du monde.
Pour l'instant, les mises se feraient avec des points façon jeu vidéo, et non avec de l'argent réel. Meta n'exclut pas d'ouvrir un jour les paris en argent comptant, mais ce n'est pas le point de départ. Des sources internes décrivent Arena comme un projet expérimental mais prioritaire, qui pourrait aussi ne jamais voir le jour.
L'IA au cœur du dispositif
C'est là que Llama, le modèle de langage de Meta, entre en jeu. D'après les documents internes, il serait chargé de plusieurs tâches clés :
- générer automatiquement des questions à partir des sujets qui montent ;
- recommander à chaque utilisateur les marchés susceptibles de l'intéresser ;
- dénouer les paris en quasi temps réel, en déterminant si l'événement annoncé s'est bien produit.
Ce dernier point est décisif. Meta avait déjà lancé une appli de pronostics, Forecast, fermée en 2022 à cause du coût de la gestion manuelle des questions. En confiant ce travail à son IA, le groupe espère faire tourner Arena à une échelle impossible auparavant.
Un marché convoité, et déjà nerveux
Meta arrive sur un terrain en plein essor, occupé par des plateformes comme Kalshi et Polymarket. Certains analystes évoquent un marché qui pourrait peser jusqu'à 1 000 milliards de dollars dans les années à venir. Pour s'imposer, Meta compte s'appuyer sur Facebook, Instagram et WhatsApp, qui totalisent plus de 3,5 milliards d'utilisateurs actifs chaque jour.
La simple rumeur a suffi à faire reculer en Bourse des acteurs exposés comme DraftKings et Robinhood. Reste une question de fond : ces paris sur l'actualité relèvent-ils du jeu d'argent ou d'un produit financier ? Le sujet attire déjà l'attention des régulateurs.
Ce que ça change
Si Arena sort, ce serait une nouvelle porte d'entrée de l'IA dans le quotidien : un assistant qui fabrique les paris, vous oriente et tranche les résultats, le tout intégré aux applis que des milliards de personnes ouvrent déjà chaque jour. Entre risque d'addiction, fiabilité des verdicts automatisés et cadre légal flou, le projet condense la plupart des débats qui entourent l'IA grand public.
