Les centres de données qui font tourner l'IA ont un problème discret mais lourd : ils consomment des quantités massives d'eau pour ne pas surchauffer. Nvidia affirme avoir une réponse. Le 23 juin 2026, l'entreprise a présenté DSX, une architecture pensée pour ses futurs serveurs Rubin, qui supprime la consommation d'eau du refroidissement. Selon Josh Parker, son directeur du développement durable, "le défi de l'eau pour les datacenters est largement résolu".

Un circuit fermé plutôt que de l'eau évaporée

Aujourd'hui, beaucoup de centres refroidissent leurs machines avec des tours d'évaporation, qui perdent jusqu'à 80 pour cent de l'eau injectée, partie en vapeur. L'approche de Nvidia repose sur un mélange d'eau et de propylène glycol qui circule en boucle fermée : le liquide capte la chaleur, la rejette, puis revient, sans s'évaporer. Résultat affiché : une consommation d'eau nulle et la suppression du groupe froid mécanique, gros poste de dépense électrique.

Le système accepte un fluide qui entre à 45 degrés, contre 35 degrés pour les solutions concurrentes. Cette tolérance à la chaleur permet de se passer de réfrigération active. En contrepartie, la densité grimpe fort : chaque rack encaisse entre 190 et 230 kilowatts, soit près du double des installations actuelles à base de puces Blackwell.

L'Europe attend Nvidia au tournant

L'annonce tombe alors que la pression réglementaire monte sur ce sujet. La Commission européenne a présenté le 3 juin un paquet sur l'efficacité énergétique, qui prévoit une notation de la consommation d'eau des datacenters. En France, la loi dite DDADUE, dont le décret d'application court depuis janvier 2026, oblige les sites de plus de 500 kilowatts à déclarer chaque année leur consommation d'eau, sous peine d'une amende pouvant atteindre 50 000 euros par centre.

Dans ce contexte, un argument "zéro eau" devient un vrai levier commercial pour vendre des serveurs en Europe, où l'acceptabilité locale des centres de données se joue souvent sur l'eau et l'électricité.

Pourquoi c'est important

La demande en calcul pour l'IA explose, et avec elle l'empreinte des datacenters. Réduire l'eau, c'est répondre à une critique concrète et de plus en plus visible dans les territoires qui accueillent ces infrastructures. Reste un point à surveiller : supprimer l'eau ne supprime pas la chaleur ni la facture électrique. Avec des racks à plus de 200 kilowatts, la question de l'énergie consommée, elle, reste entière.