L'armée française passe à la vitesse supérieure sur les petits drones. La Direction générale de l'armement (DGA) a commandé 5 000 micro-drones de type DELCO à Harmattan AI, une jeune entreprise française. L'information a été rendue publique le 23 juin 2026, pour une commande effectivement passée le 28 mai. Elle s'ajoute à un premier lot de 1 000 appareils déjà livrés en janvier, ce qui porte le total à 6 000 drones pour les forces tricolores.
Un micro-drone pensé pour le terrain
Le DELCO est un appareil léger, conçu et assemblé en France. Il pèse 1,8 kilogramme, affiche une portée de 2 kilomètres et une autonomie d'environ 40 minutes. Pour voir de nuit, il embarque des caméras infrarouges fournies par le spécialiste français Lynred. L'objectif est clair : offrir aux unités un outil de reconnaissance discret, rapide à déployer et capable d'opérer dans l'obscurité.
Au delà de ce modèle, Harmattan AI ne se limite pas à la reconnaissance. L'entreprise développe aussi des systèmes de défense aérienne, des capacités de renseignement, des drones de frappe et des outils de guerre électronique. Une palette large qui explique l'intérêt de l'armée pour ce fournisseur national.
Une licorne née en 2024
Fondée il y a deux ans seulement, Harmattan AI vient de franchir un cap symbolique. Elle est présentée comme la première licorne française de l'industrie de défense, c'est-à-dire une entreprise non cotée valorisée à plus d'un milliard d'euros. Une trajectoire express, portée par la demande européenne en équipements militaires et par la volonté des états de produire ces matériels sur leur sol.
Le montant exact du contrat n'a pas été communiqué. Mais le signal politique est fort : Paris choisit un acteur national plutôt qu'un fournisseur étranger pour un matériel devenu central dans les conflits récents.
Pourquoi c'est important
Les drones légers ont changé la manière de faire la guerre. Peu coûteux, faciles à produire en série, ils servent à observer, à guider des tirs et parfois à frapper. Pour la France, s'appuyer sur une entreprise locale, c'est sécuriser son approvisionnement et garder la maîtrise d'une technologie sensible.
Pour l'écosystème, l'émergence d'une licorne de défense en deux ans montre que le secteur attire désormais autant de capitaux que les startups grand public. La frontière entre innovation civile et militaire se brouille, et la souveraineté technologique devient un argument de vente à part entière.
