Réunir le même jour les trois grands rivaux de l'intelligence artificielle, c'était du jamais vu. Le 17 juin 2026, en marge du sommet du G7 organisé à Évian, en France, Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Demis Hassabis (Google DeepMind) ont partagé la même table que les chefs d'État. Avec eux, Alexandr Wang, désormais à la tête de l'IA chez Meta, et une douzaine d'autres patrons de la tech. Leur message commun : il faut des règles mondiales pour les modèles d'IA les plus avancés, et vite.
Un forum mondial pour encadrer l'IA
L'idée centrale qui est ressortie du déjeuner de travail tient en un mot : coalition. Les dirigeants présents ont discuté de la création d'un forum international, possiblement piloté par les États-Unis, chargé de définir des standards communs pour les modèles les plus puissants. Dario Amodei et Demis Hassabis ont plaidé pour une alliance menée par Washington, une proposition initialement avancée par Sam Altman.
"Il y a vraiment eu une convergence entre les pays et les entreprises présents dans la salle autour de cette idée de créer un espace où les différents pays démocratiques pourraient travailler ensemble", a résumé Chris Lehane, responsable des affaires publiques d'OpenAI. Le Premier ministre canadien Mark Carney, qui a présidé le Conseil de stabilité financière de 2011 à 2018, a comparé ce futur forum à cette instance née après la crise de 2008.

Enfants, souveraineté et géopolitique
Au delà des standards techniques, plusieurs sujets sensibles se sont invités à la table. La protection des enfants en ligne figurait en tête de l'agenda, devant les questions de souveraineté et d'infrastructures. La liste des participants politiques disait à elle seule l'enjeu : Donald Trump, Emmanuel Macron, le britannique Keir Starmer, l'allemand Friedrich Merz, le canadien Mark Carney ou encore l'égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Le sommet s'est tenu sur fond de tensions commerciales. Washington a récemment restreint l'accès de certains modèles d'IA américains à l'étranger pour des raisons de sécurité nationale, un dossier qui pesait sur les échanges. Côté européen, Arthur Mensch, le patron de Mistral, représentait la seule entreprise d'IA de pointe entièrement européenne présente à ce niveau de discussion, symbole d'un continent qui peine encore à exister face aux géants américains et chinois.
Pourquoi ce rendez-vous compte
Ce G7 acte un basculement : les patrons de l'IA ne sont plus de simples invités, ils s'asseyent à la table des États et participent à l'écriture des règles qui les concerneront. Le moment n'est pas anodin. OpenAI et Anthropic ont déposé en confidentiel des dossiers d'entrée en Bourse quelques jours plus tôt, signe d'une industrie qui cherche à la fois des capitaux records et un cadre stable.
Pour le grand public, l'enjeu est concret. Si une coalition voit le jour, ce sont les règles sur la sécurité, la transparence et l'usage de ces modèles qui se décideront dans ces forums, loin des votes nationaux. Reste une question ouverte : un cadre piloté par les États-Unis et co-écrit par les entreprises qu'il doit encadrer peut-il vraiment protéger l'intérêt général ? Le débat ne fait que commencer.
