Le premier fabricant électronique mondial sort de l'ombre des usines. À VivaTech 2026, à Paris, Foxconn a fait ses grands débuts européens le 17 juin avec un robot humanoïde qui assemble des composants en direct, et une annonce industrielle qui implique un acteur français. Le message est clair, le sous-traitant taïwanais veut devenir une plateforme complète d'intelligence artificielle physique.

Des robots d'usine pour la première fois en Europe

Sur son stand 2B41, à Paris Expo Porte de Versailles, Foxconn a installé un robot humanoïde sur roues qui exécute des tâches d'assemblage de précision à deux bras, devant des acheteurs industriels venus observer. C'est la première fois que les humanoïdes industriels du groupe sont montrés sur le continent européen.

Selon l'entreprise, l'intelligence de ces machines vient directement de scénarios d'usine réels. Le robot est d'abord entraîné dans un environnement de simulation, puis affiné sur site, ce qui permet un déploiement rapide et reproductible d'une usine à l'autre. Foxconn parle d'une boucle fermée, où il conçoit à la fois la puissance de calcul qui entraîne le modèle, le corps du robot qui l'héberge et les véhicules électriques qui circulent sur la même chaîne.

Une alliance industrielle avec un acteur français

Au-delà de la démonstration, Foxconn a signé une annonce concrète avec deux partenaires. Avec le Français Bull et l'américain NVIDIA, le groupe va produire en Europe la plateforme NVIDIA Vera Rubin NVL72, un supercalculateur IA à l'échelle d'une armoire, qui sera commercialisé sous la marque Bull.

D'après Tech Times, les composants seront fabriqués dans les installations de Foxconn en République tchèque, puis assemblés et entièrement validés dans l'usine de Bull à Angers, en France. Une chaîne industrielle européenne pour du matériel IA de pointe, à l'heure où le continent répète vouloir réduire sa dépendance technologique.

  • Calcul : NVIDIA Vera Rubin NVL72, HGX Rubin NVL8 et systèmes MGX 4U, avec racks haute densité et refroidissement liquide.
  • Mobilité : deux véhicules électriques de FOXTRON, le MODEL B (un crossover vendu à Taïwan sous la marque BRIA) et le MODEL D.
  • Robotique : un humanoïde sur roues dédié à l'assemblage de précision.

Foxconn ne veut plus être un simple assembleur

Pendant des années, Foxconn a été surtout connu pour assembler les produits des autres, à commencer par l'iPhone. La mise en scène parisienne raconte une autre ambition. "Foxconn se connecte aux opportunités de transformation et aux modèles d'affaires diversifiés à travers les industries européennes", a résumé James Wu, vice-président et porte-parole du groupe.

L'événement s'inscrit dans une édition de VivaTech dominée par l'IA physique, ouverte par la keynote de Jensen Huang, le patron de NVIDIA, sur le thème des usines à IA et de la robotique. La convergence entre fabrication électronique, robots et automobile y était au centre de toutes les démonstrations.

Pour l'industrie européenne, l'enjeu dépasse la vitrine. Voir un géant taïwanais produire des supercalculateurs IA avec un partenaire français, et exposer des robots d'usine prêts à travailler, donne un aperçu concret de l'automatisation qui s'installe dans les chaînes de production. Reste à voir combien de ces démonstrations deviendront des déploiements réels sur le sol européen.