Jusqu'ici, DeepSeek avançait sans investisseurs extérieurs. C'est terminé. La start-up chinoise, qui avait surpris le monde de l'IA début 2025 avec un modèle à bas coût capable de rivaliser avec les américains, a bouclé sa toute première levée de fonds. Selon plusieurs médias américains repris le 17 juin 2026, l'opération tourne autour de 50 milliards de yuans, soit environ 7,4 milliards de dollars, et valorise l'entreprise à plus de 50 milliards de dollars. Mais le plus intéressant n'est pas le montant, c'est la façon dont l'argent entre.

Une première levée pour un acteur resté discret

DeepSeek s'était fait connaître en restant à l'écart des grandes rondes de financement qui rythment le secteur. L'entreprise, adossée au fonds spéculatif High-Flyer de son fondateur, se finançait jusqu'à présent sur ses propres ressources. Cette première ouverture du capital marque donc un tournant. Les fonds doivent servir à étendre les infrastructures de calcul et à accélérer la recherche, dans un contexte où la Chine cherche à réduire sa dépendance technologique vis à vis des États-Unis.

La société a sorti en avril son dernier modèle, baptisé V4, qui prolonge la série ayant fait sa réputation. La levée lui donne les moyens d'entretenir cette cadence face à des concurrents qui dépensent des sommes considérables en puces et en centres de données.

Un montage qui verrouille le contrôle du fondateur

L'élément le plus inhabituel tient à la structure de l'opération. D'après les informations rapportées, les capitaux ne sont pas versés directement dans DeepSeek mais dans une société en commandite simple pilotée par le fondateur, Liang Wenfeng. Résultat : les investisseurs privés n'obtiennent pas de droits de vote et Liang conserve un contrôle quasi absolu sur l'entreprise.

Le fondateur est aussi le premier contributeur de ce tour de table, avec environ 20 milliards de yuans investis de sa poche. Une exception notable à cette règle : le fonds national chinois dédié à l'industrie de l'IA, soutenu par l'État, investit lui directement dans DeepSeek et obtient des droits de vote. L'État entre donc au capital en partenaire, là où les géants privés restent à la porte des décisions.

Les poids lourds de la tech chinoise au rendez-vous

La liste des participants illustre l'importance stratégique accordée à DeepSeek en Chine. Parmi les investisseurs cités figurent le géant de l'internet Tencent, le fabricant de batteries CATL, l'éditeur de jeux vidéo NetEase et la plateforme de commerce en ligne JD.com, aux côtés de fonds de capital-risque comme IDG Capital.

  • Liang Wenfeng (fondateur) : environ 20 milliards de yuans.
  • Tencent et CATL : les principaux investisseurs extérieurs.
  • NetEase et JD.com : contributions plus modestes.
  • Fonds national de l'IA : seul à obtenir des droits de vote.

Ce que ça change

Pour DeepSeek, cette levée sécurise les moyens de continuer la course sans diluer le pouvoir de son fondateur, un choix rare à cette échelle. Pour la Chine, c'est un signal : l'État et les champions privés se rangent derrière un acteur devenu symbole de l'IA nationale. Et pour le reste du monde, c'est la confirmation que la compétition entre laboratoires chinois et américains se joue désormais autant sur les financements que sur la technologie.