Pendant que les géants de l'IA brûlent des milliards, une marque de matériel avance à contre-courant. Plaud, spécialiste des petits dictaphones dopés à l'intelligence artificielle, a annoncé le 16 juin 2026 avoir dépassé 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents sur son activité logicielle. Le cap est franchi après la vente de plus de 2 millions d'appareils.
Du matériel sans écran, du logiciel par abonnement
Plaud fabrique des objets volontairement simples : des dictaphones de poche et une plaquette de la taille d'une carte bancaire qui se fixe au dos du téléphone. Aucun écran. L'idée est de capter une conversation ou une réunion, puis de récupérer plus tard une transcription, un résumé et une liste de tâches générés par IA.
Le modèle économique repose sur deux jambes. D'abord la vente du matériel, comme le Plaud Note Pro à 179 dollars ou le NotePin S lancé en janvier 2026. Ensuite l'abonnement : chaque appareil donne droit à 300 minutes de transcription gratuites, puis l'utilisateur paie au mois, à l'année ou à la consommation pour aller plus loin. C'est ce volet logiciel qui vient de franchir les 100 millions de dollars.

Près d'un utilisateur sur deux passe à la caisse
Le chiffre qui explique la rentabilité tient en un ratio : près de 50% des possesseurs d'un appareil basculent du plan de base vers une formule payante, pro ou illimitée. Pour une marque grand public, c'est un taux de conversion élevé, qui transforme une vente de matériel ponctuelle en revenu régulier.
- Plus de 2 millions d'appareils vendus.
- 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents sur le logiciel.
- 300 minutes de transcription offertes à l'achat, puis abonnement.
Nathan Xu, cofondateur et patron de Plaud, résume sa stratégie : la plupart des acteurs de l'IA ont grandi "derrière un écran", quand lui mise sur le "monde post-écran", celui des objets qui s'effacent pendant la conversation réelle.
Un marché qui s'anime
Plaud n'est plus seul sur ce créneau. La concurrence arrive de partout : Anker, Viaim (soutenu par Transsion), Vibe (financé par Sequoia China) ou encore Pocket, passé par l'accélérateur Y Combinator. Côté logiciel pur, des outils comme Granola visent le même besoin de prise de notes automatique, mais sans matériel dédié.
Pour le grand public, cette bataille est plutôt une bonne nouvelle : des assistants de prise de notes de plus en plus précis, à des prix tirés vers le bas. Reste la question de fond, celle de la vie privée. Multiplier les micros qui écoutent et transcrivent les conversations pose des enjeux de consentement et de protection des données qui ne disparaîtront pas avec la baisse des prix.
