On savait OpenAI dépensier, on connaît désormais les montants. Selon des chiffres financiers audités rapportés par le Financial Times le 15 juin et repris par Reuters, le créateur de ChatGPT a englouti environ 34 milliards de dollars en 2025, juste avant de préparer son entrée en Bourse. C'est une plongée rare dans les comptes d'une entreprise qui reste, sur le papier, une organisation privée et discrète sur ses finances.
34 milliards dépensés, 19 pour la seule recherche
Le poste le plus lourd, et de loin, c'est la recherche. OpenAI dit avoir consacré environ 19 milliards de dollars à la recherche et au développement en 2025, soit plus de la moitié de ses dépenses totales. Une partie importante de cette somme part chez Microsoft : selon les documents, près de 10,6 milliards de dollars versés à son partenaire correspondent surtout au coût d'entraînement des modèles, qui tournent sur l'infrastructure de cloud du géant de Redmond.
Le reste se répartit entre plusieurs lignes :
- près de 6 milliards de dollars en ventes et marketing, signe d'une bataille de plus en plus commerciale ;
- environ 7,5 milliards de coût des revenus, c'est-à-dire ce que coûte le fait de faire tourner les modèles pour les utilisateurs ;
- autour de 1,6 milliard de frais généraux et administratifs.
Autrement dit, faire fonctionner et améliorer ChatGPT et les modèles maison coûte des dizaines de milliards par an, avant même de parler de bénéfices.
Des revenus qui grimpent, des pertes qui explosent
En face, les revenus progressent vite mais ne suivent pas le rythme des dépenses. D'après les chiffres audités rapportés, OpenAI aurait réalisé un peu plus de 13 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2025. Le problème, c'est l'écart avec les coûts : la perte nette ressort autour de 38,5 milliards de dollars, soit environ 7,6 fois la perte enregistrée en 2024 (un peu plus de 5 milliards).
Cette perte nette dépasse même le total des dépenses opérationnelles, ce qui s'explique par des éléments comptables exceptionnels et non liés à l'activité courante. La trésorerie, elle, reste solide : à la fin de l'année, l'entreprise disposait d'environ 50 milliards de dollars d'actifs, dont près de la moitié en liquidités. OpenAI a donc de quoi tenir, mais brûle de l'argent à une vitesse rarement vue dans l'histoire des entreprises technologiques.
Ce que ça dit avant l'entrée en Bourse
Ces chiffres tombent à un moment précis : OpenAI prépare son arrivée sur les marchés. Pour des investisseurs, des comptes audités qui montrent à la fois une croissance rapide des revenus et des pertes massives posent une question simple : à partir de quand la machine devient-elle rentable, et à quel prix ?
Pour le grand public, l'intérêt est ailleurs. Ces montants rappellent que derrière un outil devenu banal, il y a une économie hors norme, faite de centres de données géants, de factures de calcul colossales et d'une course où dépenser plus est, pour l'instant, la condition pour rester dans le peloton de tête. La vraie inconnue des prochains trimestres n'est pas de savoir si OpenAI peut grossir, mais si ce modèle de croissance à perte peut tenir une fois exposé aux exigences de la Bourse.
