Xiaomi ne se contente plus de smartphones et d'objets connectés. Le groupe chinois a mis en ligne le 11 juin MiMo Code, un assistant de programmation en ligne de commande, publié en open source. Son argument: tenir la distance sur des tâches très longues, là où des outils concurrents finissent par dérailler. Selon les tests internes de Xiaomi, MiMo Code dépasse Claude Code, l'agent d'Anthropic, sur les missions de plus de 200 étapes.

Un agent de code qui vit dans le terminal

MiMo Code est un agent de codage dit "terminal natif". Concrètement, il s'installe et travaille directement dans la ligne de commande, l'interface en texte que les développeurs utilisent pour piloter leur machine. Il lit les sorties brutes du terminal, inspecte l'état des dossiers et lance lui-même des commandes pour automatiser des chaînes de travail entières, de l'écriture de code jusqu'aux tests.

L'installation tient en une seule commande sur macOS et Linux, ou via npm sous Windows. Le projet est distribué sur GitHub sous licence MIT, l'une des licences open source les plus permissives, qui autorise la réutilisation y compris commerciale. Xiaomi y ajoute "MiMo Auto", un accès gratuit et limité dans le temps à son modèle maison MiMo-V2.5.

Comparatif de performance entre MiMo Code et Claude Code sur les tâches longues
Image : Developer Tech

L'argument des tâches très longues

Le coeur de l'annonce tient en un chiffre: la capacité à enchaîner plus de 200 étapes sans perdre le fil. Pour le démontrer, Xiaomi dit avoir mené une phase de test auprès de 576 développeurs, sur 474 dépôts de code privés, avec 1 213 duels jugés à l'aveugle entre MiMo Code et un concurrent.

Le verdict, tel que présenté par l'entreprise: sur les tâches courtes, sous la barre des 200 étapes, les deux outils font à peu près jeu égal. Au-delà, MiMo Code l'emporte dans plus de 65% des cas. Xiaomi affirme que Claude Code partait, lui, dans des "boucles d'hallucination" sur ces très longues séquences, autrement dit qu'il se mettait à inventer des sorties de terminal au lieu de lire les vraies.

  • 576 développeurs mobilisés pour la phase de test.
  • 474 dépôts privés et 1 213 duels jugés à l'aveugle.
  • Plus de 65% de victoires revendiquées au-delà de 200 étapes.

Un modèle maison sous le capot

MiMo Auto s'appuie sur MiMo-V2.5, décrit comme une architecture "mixture of experts" creuse de 310 milliards de paramètres, dotée d'une fenêtre de contexte d'un million de tokens. En clair, le modèle n'active qu'une partie de ses circuits à chaque requête, ce qui réduit le coût de calcul, et il peut garder en mémoire l'équivalent d'un très gros dossier de code en une fois. Ces chiffres, communiqués par Xiaomi, restent à confirmer par des évaluations indépendantes.

Ce que ça change

L'arrivée de Xiaomi sur le terrain des agents de code dit deux choses. D'abord, la bataille des assistants de programmation ne se joue plus seulement entre laboratoires américains: les groupes chinois, souvent en open source, avancent vite et visent précisément les points faibles des leaders. Ensuite, le vrai champ de bataille se déplace vers l'autonomie longue, la capacité d'un agent à mener une tâche complexe de bout en bout sans intervention humaine. Pour les développeurs, c'est une option de plus, gratuite à l'essai et ouverte. Reste la prudence d'usage: les chiffres avancés viennent des tests maison de Xiaomi, et seuls des essais indépendants diront s'ils tiennent en conditions réelles.