Demain soir, une fenêtre se ferme pour des milliers de développeurs. Le 15 juin 2026, Anthropic procède à la dépréciation officielle de deux modèles sur son API : Claude Sonnet 4 (claude-sonnet-4-20250514) et Claude Opus 4 (claude-opus-4-20250514). Passé minuit, tout appel utilisant ces identifiants renverra une erreur.

Anthropic a envoyé les notifications par email le 14 avril 2026, soit exactement deux mois avant la coupure. Pour la plupart des équipes, le délai était suffisant. Mais pour celles qui ont laissé traîner la migration, il reste moins de 24 heures.

Qui est vraiment concerné

La distinction est importante. Les utilisateurs de Claude.ai et de Claude Code ne sont pas touchés : Anthropic gère la sélection des modèles dans ses produits grand public et ses outils de développement de façon transparente, sans que l'utilisateur ait à intervenir.

En revanche, les développeurs qui ont intégré l'API directement, avec un identifiant de modèle figé dans leur code (ce que l'industrie appelle un "pinned model"), verront leurs appels échouer. C'est le cas typique d'une application qui appelle l'API Anthropic via un SDK Python ou TypeScript avec la constante claude-sonnet-4-20250514 codée en dur.

Les plateformes tierces (Make, Zapier, outils no-code) qui exposent des connecteurs Claude sont également concernées si elles n'ont pas mis à jour leurs configurations côté serveur. Plusieurs d'entre elles ont publié leurs propres guides de migration ces dernières semaines.

Vers quoi migrer

Anthropic désigne deux remplaçants officiels. Pour Sonnet 4, la migration se fait vers claude-sonnet-4-5 ou, mieux encore, vers la version 4.6 qui apporte des améliorations notables sur le suivi des instructions. Pour Opus 4, Anthropic recommande claude-opus-4-5 pour les tâches courantes, et claude-opus-4-7 pour les workloads complexes ou agentiques, où la capacité de raisonnement prolongé compte le plus.

Un troisième modèle est également dans le viseur : Claude Opus 4.1 (claude-opus-4-1-20250805) sera retiré le 5 août 2026. Autant le traiter dans la même passe de migration pour éviter un deuxième sprint dans six semaines.

Pourquoi cette politique de roulement

La dépréciation régulière des anciens modèles est une pratique standard chez les grands fournisseurs de LLM. Elle répond à deux contraintes : d'abord, réduire le coût de maintenance d'une infrastructure qui fait tourner simultanément des dizaines de versions différentes, avec chacune ses propres capacités de serveurs. Ensuite, pousser les développeurs à profiter des gains de performance et d'efficacité des versions récentes.

Les versions 4.5 à 4.7 de Claude offrent de meilleures performances sur la plupart des benchmarks que les versions 4.0 initiales, tout en étant plus économes en tokens de raisonnement pour les mêmes résultats. Pour Anthropic, concentrer la flotte sur un nombre réduit de versions actives est aussi un levier pour tenir les coûts d'inférence.