Amazon a ajouté, le lundi 8 juin, un outil de création par intelligence artificielle directement dans son application Shopping. Le principe est simple. On décrit une idée à l'assistant Alexa, l'IA fabrique un visuel, et Amazon l'imprime sur un t-shirt, un mug ou une gourde livrés en quelques jours. La fonction est gratuite et, pour l'instant, réservée aux États-Unis.
Décrire une idée, l'IA fabrique le visuel
Tout se passe dans l'app Amazon Shopping. On touche l'icône Alexa en bas à droite de l'écran, ou on tape le mot customize dans la recherche, puis on explique ce que l'on veut voir apparaître. L'assistant génère alors un design que l'on peut retoucher, soit en cliquant sur des suggestions, soit en décrivant les changements souhaités. Une fois le visuel validé, il est possible de le partager avec d'autres personnes pour qu'elles l'ajoutent à leur panier.
La production et l'expédition reposent sur Merch on Demand, le service d'impression à la demande déjà utilisé par Amazon pour les produits dérivés. La liste des supports est large :
- t-shirts, cols en V, manches longues, polos, débardeurs et raglans ;
- hoodies, sweats, quarter zips et maillots ;
- gobelets isothermes et gourdes.
Côté tarif, l'outil de création ne coûte rien. Le client ne paie que le produit final, livré avec les délais Prime habituels.
Une attaque frontale contre l'impression à la demande
En intégrant la création par IA à son application grand public, Amazon s'attaque directement aux plateformes spécialisées dans l'impression à la demande, comme Redbubble, Bonfire, Spring ou Fourthwall. Ces services vivent justement de la personnalisation de vêtements et d'accessoires. La force d'Amazon, c'est de poser cette fonction au milieu d'une boutique que des centaines de millions de personnes ouvrent déjà chaque semaine, avec sa logistique et sa livraison intégrées.
Créer un objet à son image ne demande plus de savoir dessiner, juste de savoir le décrire.
Pour l'instant, le déploiement reste limité aux États-Unis. Amazon n'a pas communiqué de calendrier pour une arrivée en Europe ou en France.
Ce que ça change
Pour le grand public, créer un objet personnalisé devient une affaire de quelques phrases, sans logiciel de design ni compétence graphique. Pour les créateurs qui vivaient de la vente de visuels sur les plateformes existantes, l'arrivée d'un acteur de la taille d'Amazon change la donne. Restent des questions ouvertes, notamment sur la propriété des images générées et sur le risque de voir se multiplier des produits aux visuels très proches. La bascule mérite d'être suivie, surtout le jour où la fonction franchira l'Atlantique.
