Tim Cook a ouvert la WWDC 2026 le 8 juin à Apple Park, à Cupertino, pour son trente-septième keynote et le dernier qu'il présente comme PDG. Apple y a officialisé ce que la rumeur annonçait depuis des mois: un Siri entièrement reconstruit, mais sur un modèle de Google. Et la marque a glissé une première historique, l'iPhone s'ouvre à des assistants rivaux comme Claude et ChatGPT.

Un Siri bâti sur Gemini

Le nouveau Siri tourne sur un modèle de fondation Gemini conçu sur mesure pour Apple, fort de 1 200 milliards de paramètres. Les deux entreprises ont confirmé un accord de licence pluriannuel scellé en janvier. Bloomberg, via le journaliste Mark Gurman, évalue ce contrat à environ 1 milliard de dollars par an.

Pour éviter d'envoyer toutes les requêtes chez Google, Apple a découpé le traitement en trois niveaux:

  • Tâches simples: elles restent sur l'appareil, gérées par les modèles neuronaux maison d'Apple.
  • Requêtes intermédiaires: elles montent vers les serveurs Private Cloud Compute d'Apple.
  • Raisonnement lourd: il part sur Google Cloud, sur des processeurs Nvidia Blackwell B200.

Ce partage permet à Apple de garder les demandes les plus sensibles dans son propre périmètre, tout en s'appuyant sur la puissance de Google pour les questions complexes.

L'iPhone s'ouvre à Claude et ChatGPT

Au-delà du moteur, c'est l'ouverture qui marque la rupture. Le nouveau Siri sait composer des emails et lire les données nutritionnelles d'une étiquette via l'app Camera. Surtout, quand des applications d'IA tierces sont installées, il peut déléguer une question à Claude ou à ChatGPT. C'est la première fois qu'Apple laisse des assistants concurrents répondre directement sur l'iPhone.

Apple n'essaie plus de gagner seul la course aux grands modèles, elle préfère orchestrer ceux des autres.

Le geste tranche avec la culture maison du jardin clos. Pendant des années, Apple a tout voulu maîtriser de bout en bout. En laissant entrer Gemini sous le capot et Claude ou ChatGPT par la porte d'entrée, la marque admet qu'aucun acteur ne peut couvrir seul l'éventail des usages d'IA aujourd'hui.

homeOS, six betas et un passage de témoin

La keynote a aussi dévoilé un aperçu de homeOS, le futur système pour la maison connectée. Six betas développeurs ont été diffusées dans la foulée: iOS 27, iPadOS 27, macOS 27, watchOS 27, tvOS 27 et visionOS 27. Les betas publiques sont attendues en juillet, et le déploiement grand public est prévu en septembre, aux côtés de la gamme iPhone 18, pour environ 1,5 milliard d'appareils actifs.

Ce keynote referme aussi une époque. Tim Cook, qui a annoncé en avril son retrait, cédera son poste de PDG à John Ternus, l'actuel patron de l'ingénierie matérielle, le 1er septembre 2026. Cook deviendra alors président exécutif.

Ce que ça change

Pour toi, le Siri qui arrive cet automne n'aura plus grand-chose à voir avec celui d'aujourd'hui, et il pourra basculer vers l'assistant que tu préfères selon la question. Pour le secteur, le signal est fort: même Apple, longtemps adepte du tout-maison, choisit de louer un modèle et d'ouvrir sa plateforme à ses rivaux. La bataille des assistants se jouera moins sur le modèle unique que sur l'orchestration de plusieurs IA au bon moment.