À la veille de sa conférence annuelle des développeurs, Apple s'apprête à reconnaître publiquement son retard sur l'intelligence artificielle. Selon TechTimes, le Siri entièrement reconstruit qui sera présenté lundi à la WWDC 2026 ne tournera pas sur la technologie maison de la marque, mais sur un modèle Gemini conçu par Google. Le tout lors du dernier keynote de Tim Cook à la tête de l'entreprise.
Un Siri repensé comme une app de messagerie
Fini l'assistant vocal limité. Le nouveau Siri prend la forme d'une application dédiée, avec une interface façon iMessage et des bulles de conversation qui restent à l'écran. L'historique se synchronise entre les appareils via iCloud, et l'utilisateur peut joindre des images ou des documents, puis basculer librement entre la voix et le mode écrit.
Apple ajoute aussi un panneau baptisé Search or Ask qui laisse choisir vers qui envoyer sa question: Siri, ChatGPT, Google Gemini ou Claude. Une ouverture inédite pour une marque réputée pour son écosystème fermé.
Le cerveau vient de Google
Le coeur du système n'est pas signé Apple. Selon les informations rapportées, Siri s'appuiera sur un modèle Gemini personnalisé de 1 200 milliards de paramètres, loué à Google pour environ 1 milliard de dollars par an, dans le cadre d'un accord pluriannuel estimé jusqu'à 5 milliards de dollars. Ce modèle serait environ huit fois plus grand que le plus gros modèle cloud qu'Apple ait construit seul.
Apple loue le cerveau de son assistant à son principal rival sur le mobile.
Pour préserver son image sur la vie privée, Apple ferait tourner ce modèle sur des puces Nvidia B200 au sein de son infrastructure Private Cloud Compute. Le contrat interdirait à Google d'utiliser les requêtes des utilisateurs Apple pour entraîner ses futurs modèles.
Un keynote de transition
Le rendez-vous a une saveur particulière: c'est le dernier keynote de Tim Cook comme PDG. Il quitte la direction le 1er septembre 2026 et devient président exécutif du conseil, après avoir dirigé Apple depuis août 2011. John Ternus, responsable de l'ingénierie matérielle, lui succède.
Six systèmes sont attendus le jour même (iOS 27, iPadOS 27, macOS 27, watchOS 27, tvOS 27 et visionOS 27), avec les bêtas développeurs dans la foulée. iOS 27 abandonne au passage les appareils équipés de la puce A13 (iPhone 11, 11 Pro, 11 Pro Max et iPhone SE de 2e génération). En parallèle, Apple a accepté un règlement de 250 millions de dollars pour solder un recours collectif sur des fonctions IA promises au lancement de l'iPhone 16 et livrées en retard, avec 25 à 95 dollars par appareil éligible.
Ce que ça change
Pour le grand public, c'est le signe qu'aucun acteur, même le plus puissant, ne peut tout faire seul dans l'IA. Apple choisit d'acheter la performance plutôt que d'attendre que sa technologie rattrape la concurrence. Pour les professionnels, l'arrivée d'un sélecteur entre plusieurs assistants sur l'iPhone est un changement de doctrine qui pourrait redistribuer l'usage entre ChatGPT, Gemini et Claude.
