Le plus gros constructeur de voitures électriques au monde veut désormais fabriquer des robots à forme humaine. Stella Li, vice-présidente exécutive de BYD, a confirmé que le groupe chinois développe activement des robots humanoïdes, dans un entretien rapporté par le média financier chinois Yicai début juin 2026. Le projet n'en est encore qu'au stade de la recherche, mais il marque une volonté claire de déborder du seul terrain de l'automobile.
Ce que BYD a confirmé
Jusqu'ici, l'incursion de BYD dans la robotique relevait surtout de la rumeur. Cette fois, la confirmation vient du sommet du groupe. Stella Li, qui a été désignée World Car Person of the Year 2025, indique que la recherche avance et que la priorité va aux capacités industrielles, logicielles et matérielles. Selon la presse spécialisée chinoise, le chantier aurait été lancé discrètement dès 2022 au sein d'une division dédiée à l'intégration électronique et à l'intelligence embarquée. Ces éléments restent toutefois des informations de presse non détaillées officiellement par le groupe.
BYD n'a communiqué ni calendrier de commercialisation, ni objectif de production chiffré. L'entreprise se contente, pour l'instant, d'assumer publiquement son ambition.
Pourquoi un constructeur auto se lance dans les robots
L'argument de BYD tient en une idée simple : une voiture moderne est déjà un robot roulant. Perception de l'environnement, prise de décision, contrôle des mouvements, intégration logicielle et ingénierie matérielle sont des briques communes à la voiture intelligente et au robot humanoïde. Pour Stella Li, ce socle technologique donne un avantage naturel aux constructeurs automobiles face aux pure players de la robotique.
Les capacités d'IA développées pour l'automobile partagent la même origine que celles des robots, ce qui place les constructeurs en bonne position.
Elle pointe aussi un déséquilibre du marché : les robots chinois manqueraient encore de cerveau, c'est à dire d'IA aboutie, tandis que les robots américains seraient en retard sur la partie physique. BYD dit vouloir des machines à la fois bien dotées en intelligence et solides sur le plan mécanique.
Une plateforme ouverte et le réseau de concessions
Deux choix stratégiques se dégagent du discours de BYD :
- Une plateforme ouverte : BYD ne veut pas se limiter à ses propres robots, mais accueillir aussi des modèles développés avec des partenaires.
- La distribution par les concessions : si ces robots entrent un jour dans les foyers, le groupe compte s'appuyer sur son vaste réseau de points de vente automobiles, en Chine comme à l'international.
Cette dernière idée est l'atout le plus concret de BYD. Là où une jeune pousse de la robotique doit tout construire, le constructeur dispose déjà d'usines à très grande échelle, d'une logistique mondiale et de milliers de concessions capables de présenter et de vendre un produit grand public.
Ce que ça change
BYD rejoint une course déjà lancée. Tesla pousse son robot Optimus, XPeng a présenté son modèle Iron et Chery avance aussi ses pions. Le point commun est net : les constructeurs automobiles, habitués à produire des machines complexes par millions, se voient en mieux placés que les laboratoires pour industrialiser le robot humanoïde. Pour le grand public, rien de tangible avant longtemps. Mais l'arrivée d'un géant capable de fabriquer à très bas coût pourrait, à terme, peser sur les prix et accélérer le passage du robot humanoïde du salon de démonstration à la vie réelle. C'est ce mouvement, plus que les promesses, qu'il faudra surveiller.
