Jensen Huang a ouvert le COMPUTEX 2026 au Taipei Music Center le 1er juin avec un message sans équivoque : Nvidia n'est plus seulement un fabricant de puces graphiques, c'est désormais une plateforme IA à pile complète. Quatre annonces majeures ont structuré la keynote : RTX Spark pour les PC Windows, Nemotron 3 Ultra pour les agents IA, Cosmos 3 pour la robotique, et une DGX Station de bureau pour l'IA locale souveraine.

RTX Spark, le superchip qui réinvente le PC Windows

RTX Spark est le premier processeur Nvidia conçu de zéro pour les PC Windows. Il marie un GPU Blackwell RTX embarquant 6 144 coeurs CUDA et un processeur Grace à 20 coeurs basé sur l'architecture Arm en un seul superchip. Résultat : jusqu'à 128 Go de mémoire unifiée partagée entre CPU et GPU, et 1 pétaflop de performances IA dans un facteur de forme ultra-slim.

  • Architecture : Grace CPU 20 coeurs Arm + Blackwell GPU 6 144 CUDA cores
  • Mémoire : jusqu'à 128 Go unifiée CPU/GPU
  • IA : 1 pétaflop de performances locales
  • Disponibilité : premiers appareils attendus à l'automne 2026

Microsoft a présenté le Surface Laptop Ultra comme premier appareil de la gamme RTX Spark. Jensen Huang a résumé l'ambition d'une formule : "We are going to reinvent the personal computer." La cible est clairement Apple Silicon, Intel et Qualcomm, qui dominaient jusqu'ici le marché des PC fins et silencieux.

Nemotron 3 Ultra, le modèle open-weights pour les agents IA

Avec 500 à 550 milliards de paramètres, Nemotron 3 Ultra est le plus grand modèle open-weights annoncé par Nvidia. Son positionnement est résolument agentique : il combine un score de 48,0 sur l'Intelligence Index avec un débit supérieur à 300 jetons par seconde, ce que Nvidia qualifie de "most attractive quadrant", à savoir haute intelligence et haute vitesse simultanément.

Par rapport à la génération précédente, l'inférence est cinq fois plus rapide et le coût réduit de 30 % sur les tâches agentiques complexes. Disponible en open-weights, il cible les entreprises qui veulent déployer des agents IA en interne sans dépendre d'un cloud tiers ni d'un contrat de licence propriétaire.

Nvidia ne vend plus des puces. Elle vend l'infrastructure de l'intelligence.

DGX Station, Cosmos 3 et Alpamayo 2 Super : l'IA physique partout

La DGX Station renouvelle la catégorie du superordinateur de bureau. Propulsée par le superchip Grace Blackwell Ultra Desktop (GB300), elle offre 748 Go de mémoire cohérente et 20 pétaflops en FP4, le tout dans un boîtier conçu pour tenir sous un bureau de travail ordinaire, sans infrastructure data center.

Du côté de la robotique, Cosmos 3 devient le premier modèle IA physique ouvert ("Physical AI omnimodel") et se classe numéro un sur plus de sept benchmarks robotiques. Et Alpamayo 2 Super, un modèle de raisonnement de 32 milliards de paramètres dédié aux robotaxis de niveau 4, complète la palette d'annonces du GTC Taipei.

Vidéo : NVIDIA

Ce que ça change

La stratégie de Nvidia est désormais lisible sur toute la chaîne IA. Du PC portable (RTX Spark) au poste de travail souverain (DGX Station), du cloud agentique (Nemotron 3 Ultra) jusqu'à la flotte de véhicules autonomes (Alpamayo 2 Super), Nvidia occupe chaque niveau de la pyramide.

Pour les développeurs, Nemotron 3 Ultra en open-weights représente une alternative crédible aux modèles propriétaires d'Anthropic, OpenAI ou Google : plus rapide, moins chère à l'inférence. Pour les constructeurs PC, RTX Spark rouvre une compétition qui semblait pliée en faveur d'Apple sur les machines puissantes et silencieuses. Et pour les industriels de la robotique, Cosmos 3 et Alpamayo 2 Super positionnent Nvidia comme le fournisseur de référence de l'IA du monde physique, un marché que Jensen Huang vise clairement comme le prochain grand terrain de croissance.